Ecoute mon garçon, écoute mon bonhomme,
Tu rêves d’océan et de pays lointains ;
J’ai fait le même rêve, j’étais haut comme trois pommes,
Et toute ma vie durant, je suis resté marin.
Sur toutes les mers du monde, j’ai tracé mon sillage,
Sur tous les continents, rencontré des gens bien
Comme de fiers bâteaux et de bons équipages
J’en ai connu aussi qui eux, ne valaient rien.
Ho! que je l’ai aimé, le temps de ces gabiers,
Qui dans le mauvais temps, grimpaient pour rabanter.
Des heures de travails à ch’val dans le gréement
Ils étaient aussi souples que l’aile du goéland.
Et ces foutues tempêtes qui broient ton bâtiment,
Qui te le font craquer, et te glacent le sang.
Nuit et jour à la pompe, à te casser les os,
Face à tout océan, il faut courber le dos.
Puis l’escale chez l’hôtesse, qui n’attend plus que toi,
Où de belles servantes te prennent pour un roi.
Déjà un mois à terre, à croquer tes deniers,
Il est grand temps pour toi, garçon, d’réembarquer
À propos
Un vieux marin parle à un garçon qui rêve de prendre la mer. Derrière les escales et les grands horizons, il lui montre les corps au travail : les gabiers montent dans la mâture, et « rabanter » consiste à fixer avec des liens, notamment les voiles. Ces mots précis donnent son poids à l’admiration du narrateur pour des hommes restés agiles au milieu du mauvais temps.
Histoire
Le Temps des Gabiers est présenté par les interprètes de L’Atelier à musique comme une chanson d’Alain Monjarret pour les paroles et de Nicolas Thomas pour la musique. Leur page donne le même début et les mêmes épisodes que cette version : rêve d’enfance, travail dans le gréement, tempêtes et retour à terre. Le récit prend la voix d’un ancien marin.
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