1 – Plus rapides que la parole
Vont les dix doigts de la Sténo
Ils saisissent tous les mots
Ainsi qu’on prend la mouche qui vole
Ils saisissent tous les mots
Les doigts agiles de la Sténo.
2 – La besogne est bien méritoire,
Car s’il est de très beaux discours
Il en est, non des plus courts,
Qui du pavot disputent la gloire
Il en est, non des plus courts
Qui font maudire tous les discours.
3 – La Sténo de beaucoup préfère
Prendre simplement le courrier :
Moins pénible est le métier,
Et par instants l’on peut se distraire,
Moins pénible est le métier
Et par instants l’on peut se poudrer.
4 – Si la Sténo devient coquette
N’est-ce pas la faute à l’emploi ?
N’est-ce pas comme une loi
Qui du métier exige toilette ?
N’est-ce pas comme une loi ?
Je le croirais volontiers, ma foi.
5 – La Sténo rend vraiment service
En notre siècle si pressé ;
Beaucoup plus qu’au temp passé,
Gagner une heure est un bénéfice ;
Beaucoup plus qu’au temps passé,
Gagner une heure est argent placé.
À propos
Les doigts courent, les discours s’étirent et le travail de bureau devient une petite scène de comédie. Le texte admire la rapidité de la sténo-dactylo, mais la regarde aussi à travers les clichés de la secrétaire coquette. Sa dernière pirouette est plus sèche : dans ce monde pressé, une heure gagnée se compte déjà en argent.
Histoire
La chanson figure dans Ton métier chante-le, recueil que la BnF date de 1943. La notice attribue le texte à A. Delsaux et l’harmonisation à trois voix à Roger Delsinne, sur une mélodie populaire des Flandres. Cette place dans un recueil de métiers éclaire le mélange d’éloge professionnel et de portrait amusé qui traverse les couplets.
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