Les filles de Lorient ne vont plus sur la galerie
Guetter la nuit l’arrivée des navires
S’enferment chez elles
Quand se noircit le ciel
Le soir à la chandelle
Pensent à leurs amours
Goélands, goélands
Rendez-nous nos amants
Et vous les albatros
Touchez pas à leurs os
Eole dieu des vents
Avec eux soit clément
Que les vents portants
Les ramènent à Lorient
Jean-Marie, François ou bien Joseph,
Dans les bannettes du bateau qui roule,
Sous l’effet de la houle,
Harassés de fatigue,
Revoient encore la digue,
Où prient leurs amours
Sont partis par un sacré vent du nord
Il y avait l’temps qui gelait au dehors
Les larmes des belles
Glaçaient sur les dentelles
Pour suspendre au jour
La vie de leurs amours
Les paquets d’embruns qui balayent le pont
Leurs glacent les os jusque dedans le fond
Les yeux pleins de misère
Ils s’en vont vers l’enfer
Quand s’efface la terre
Où pleurent leurs amours
La campagne sera longue dans le froid qui les ronge
La faim au ventre et la peur qui les hante
Ils toucheront Lorient
Dans un soleil couchant
Des vagues du jusant
Renaîtront leurs amours










