Paroles de

L’appel de Roland

Paroles de

L’appel de Roland

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10 – Voyez, des tombes fraîches
Les cadets vont bondir !
Sur la sanglante brèche
Pouvez, Roland, mourir !

(Dernier refrain) Ah ! Que sonne, que sonne, le joyeux hallali !
C’est le païen qui fuit
A jamais dans la nuit !
Roland, l’aurore luit !

(Refrain) Ah ! Que gronde, que gronde
L’appel de votre cor
Par delà les monts,
Les Francs répondront.
Roland, sonnez votre cor.

1 – Au fond des sombres gorges
Tous ses barons sont morts,
Roland fendant la roche
Sonna son déconfort.

2 – Au loin l’entendit Charles,
Frémit et pleura,
“ Baron sonnez l’alarme
Et courez au combat. ”

3 – A grand ahan et peine
Sonne encore Roland
Et le sang de sa veine
Jaillit sur l’olifant.

4 – Ah ! Dieu ! Quelle merveille !
Entendez ces cris !
De France douce et belle,
Sont accourut les fils.

5 – Cinglant pour la Croisade
Au tombeau du Christ,
S’élèvent les escadres
Battant pavois de Lys.

6 – Aux flots sanglants de Loire
Longtemps asservis,
S’envolent les victoires
Du ciel de Domrémy.

7 – Mes gens, sur les tourelles
Tous les deuils bannis,
Acclament la Pucelle :
“ Montjoye et saint Denis ”

8 – Des plaines de Champagne
Vous criant sa foi,
Roland, saluez Jeanne
Qui couronne son roi.

9 – Au fond de la défaite,
Aux jours avilis,
Vous redressez nos têtes
Et réveillez Péguy.

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À propos

L’Appel de Roland est un chant patriotique catholique qui convoque les grandes figures tutélaires de l’histoire de France — Roland à Roncevaux, Jeanne d’Arc et Charles Péguy — autour du motif du cor sonnant le rassemblement des Francs. Composé après 1914, il s’inscrit dans le répertoire des mouvements de jeunesse et des chorales catholiques françaises du début du XXe siècle.

Histoire

L’Appel de Roland s’inspire de la Chanson de Roland, chanson de geste du XIe siècle considérée comme l’une des premières grandes œuvres de la littérature française. Cette épopée relate la mort héroïque de Roland, neveu de Charlemagne, lors de la bataille de Roncevaux (778) : sommé de sonner son cor d’ivoire — l’olifant — pour appeler Charles à l’aide, il finit par s’y résoudre trop tard, au prix de sa vie.

La composition du chant est postérieure à 1914 : le dernier couplet évoque explicitement Charles Péguy — poète catholique et patriote mort à la bataille de la Marne le 5 septembre 1914 — comme figure du réveil national (« vous redressez nos têtes / Et réveillez Péguy »). Ce culte immédiat de Péguy situe le texte dans l’atmosphère spirituelle des premières années de la Grande Guerre.

Les figures convoquées dessinent une galerie d’icônes du catholicisme français : Roland et Charlemagne pour le haut Moyen Âge, Jeanne d’Arc pour la reconquête du royaume — avec le cri de guerre royal « Montjoye et saint Denis » et la référence à Domrémy, son village natal en Lorraine — et Péguy pour la modernité. Cette constellation est caractéristique du patriotisme catholique français du tournant du XXe siècle, qui inscrivait l’idéal national dans une longue tradition chrétienne et guerrière.

Par son refrain en appel, sa structure en couplets narratifs et son allure de marche, L’Appel de Roland s’est naturellement intégré au répertoire des mouvements de jeunesse catholiques, qui cultivaient ce type de chants à vocation pédagogique et spirituelle. L’image du cor sonnant par-delà les monts offrait une métaphore puissante de la mobilisation collective, aisément adaptable aux contextes de commémoration ou de rassemblement patriotique.

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