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Paroles de

Les Voleurs et l’Âne

Deux voleurs se disputent leur prise ; un troisième emporte l’âne. La Fontaine part de cette petite scène de bagarre pour parler des princes et des territoires qu’ils se disputent. Le lecteur…

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Pour un Âne enlevé deux Voleurs se battaient :
L’un voulait le garder ; l’autre voulait le vendre.
Tandis que coups de poing trottaient,
Et que nos champions songeaient à se défendre,
Arrive un troisième Larron
Qui saisit Maître Aliboron.
L’Âne, c’est quelquefois une pauvre Province.
Les Voleurs sont tel ou tel Prince,
Comme le Transylvain, le Turc et le Hongrois.
Au lieu de deux j’en ai rencontré trois :
Il est assez de cette marchandise.
De nul d’eux n’est souvent la Province conquise :
Un quart Voleur survient, qui les accorde net
En se saisissant du Baudet.

À propos

Deux voleurs se disputent leur prise ; un troisième emporte l’âne. La Fontaine part de cette petite scène de bagarre pour parler des princes et des territoires qu’ils se disputent. Le lecteur qui s’arrête à la bagarre des voleurs manque donc la pointe : derrière le baudet, il y a aussi une province dont personne ne demande l’avis.

Histoire

Les Voleurs et l’Âne appartient au premier livre des Fables, publié en 1668. La Fontaine donne lui-même la clé politique du récit : la province tient le rôle de l’animal volé, les princes celui des brigands. Les noms du Transylvain, du Turc et du Hongrois font sortir le lecteur de l’anecdote pour le placer devant des rivalités de pouvoir.

Le récit avance à toute vitesse : une dispute, un vol, puis un nouveau partage aussitôt déjoué. L’âne change de mains tandis que les hommes s’épuisent à se battre. Cette répétition donne à la fable son ironie : les conquérants n’ont même pas le temps de profiter de ce qu’ils croient posséder.

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