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Feuille n° 0914 Paroles, partition, histoire et enregistrements

Le Corbeau et le Renard

Jean de La Fontaine publie son premier recueil en 1668. La fable "Le Corbeau et le Renard", l’une des plus connues du poète, en est extraite. La morale est la suivante :…

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Chants de France · Feuille n° 0914

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l’odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
Et bonjour, Monsieur du Corbeau,
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.

À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie,
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.

 Le Corbeau honteux et confus
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

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D’où vient ce chant

Jean de La Fontaine publie son premier recueil en 1668. La fable "Le Corbeau et le Renard", l’une des plus connues du poète, en est extraite.

La morale est la suivante : "Apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute".

Sous Louis XIV, la flatterie est un art. La Fontaine dénonce non pas le flatteur mais celui qui accepte ces flatteries, en cela il critique la vanité humaine.

Le poète prouve également la force de la parole et de l’écriture. Le renard, ayant obtenu ce qu’il voulait par son éloquence, n’a pas l’utilité d’avoir recours à la violence physique.

La Fontaine est aujourd’hui le plus connu des poètes français du XVIIe siècle, et il fut en son temps, sinon le plus admiré, du moins le plus lu, notamment grâce à ses Contes et à ses Fables.

Styliste éblouissant, il a porté la fable, un genre avant lui mineur, à un degré d’accomplissement qui reste indépassable.

Moraliste, et non pas moralisateur, il pose un regard lucide sur les rapports de pouvoir et la nature humaine, sans oublier de plaire pour instruire.

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