1 – Une jeune fillette de noble cœur,
Plaisante et joliette de grand’ valeur,
Outre son gré on l’a rendue nonnette
Cela point ne luy haicte dont vit en grand’ douleur. (bis)
2 – Un soir après complie, seulette estoit,
En grand mélancolie se tourmentoit,
Disant ainsi, douce Vierge Marie
Abrégez moy la vie, puisque mourir je doy. (bis)
3 – Mon pauvre cœur souspire incessament,
Aussi ma mort désire journellement.
Qu’à mes parents ne puis mander n’escrire,
Ma beauté fort empire, je vis en grand tourment. (bis)
4 – Que ne m’a-t-on donnée à mon loyal amy,
Qui tant m’a desirée aussi ay-je moy luy,
Toute la nuict my tiendroit embrassée
Me disant la pensée et moy la mienne a luy. (bis)
5 – À Dieu vous dy mon père, ma mère et mes parents,
Qui m’avez voulu faire nonette en ce couvent,
Où il n’y a point de resjouissance,
Je vis en desplaisance je n’attends que la mort. (bis)
6 – La mort est fort cruelle à endurer,
Combien qu’il faut par elle trestous passer.
Encor’est plus grand mal que j’endure,
Et la peine plus dure qu’il me faut supporter. (bis)
7 – À Dieu vous dy les filles de mon pays,
Puis qu’en cest’ Abbaye me faut mourir,
En attendant de mon Dieu la sentence,
Je vy en espérance d’en avoir réconfort. (bis)









