Nissa la bella

Cette chanson niçoise, initialement nommée "A la mieu bella Nissa", est née en 1903 sous la plume de Menica Rondelly, soldat de Garibaldi, profondément attaché à l’identité culturelle niçoise.

Remaniée plusieurs fois par son auteur, cette chanson sera finalisée en 1906 et deviendra l’hymne du Comté de Nice.

<ins>Traduction</ins>

Vive, vive Nice la Belle

1 – Ô ma belle Nice,
Reine des fleurs,
Tes vieilles toitures
Je chanterai toujours.
Je chanterai les montagnes,
Tes si riches décors,
Tes vertes campagnes,
Ton grand soleil d’or.

(Refrain) Toujours je chanterai
Sous tes tonnelles
Ta mer d’azur,
Ton ciel pur,
Et toujours je crierai
Dans ma ritournelle
Vive, vive Nice la Belle !

2 – Je chante la capeline,
La rose, le lilas,
Le Port et la Marine,
Le Paillon, la rue Mascoïnat !
Je chante la mansarde
Où naissent les chansons,
Le fuseau, la quenouille,
Ma belle Nanon.

3 – Je chante nos gloires,
L’antique et belle lampe à huile,
Les victoires du donjon,
L’odeur de ton printemps !
Je chante le vieux Sincaire,
Ton blanc drapeau,
Puis le berceau de ma mère,
Du monde le plus beau.

Oi ama Eskual Herri

« Oi ama Eskual Herri » est un chant traditionnel en dialecte souletin (xiberotar), issu de la province de Soule (Zuberoa), au Pays basque français. Il dépeint le départ douloureux d’un émigrant contraint de rejoindre Paris pour y gagner sa vie, et son attachement profond à sa terre natale. Refrain nostalgique et structure narrative en couplets en font un témoin émouvant de la tradition d’exil basque.

Les oies sauvages

Ce chant a été composé en 1915 par Walter Flex (1887-1917), en allemand, sur un air plus ancien faisant partie du répertoire des lansquenets (XVe siècle). Il est ensuite passé dans le répertoire militaire français via la Légion Étrangère, puis dans le répertoire scout, notamment routier.

La version française est assez proche du texte original allemand, et si des différences sont visibles ça et là, le sens est globalement le même. Comme souvent, il existe quelques variantes dans le texte, mais sans réelle importance.

En 1986, Jean-Pax Méfret chantera une chanson largement inspirée de ce chant. L’auteur, âgé de 28 ans (et qui allait mourir deux ans après), s’interroge en musique sur le sort et la raison d’être des soldats. Ce chant sera d’ailleurs cité par Ehrich Maria Remarque dans À l’ouest, rien de nouveau, célèbre roman pacifiste brûlé par les nazis.

L’intégration de ce chant dans le répertoire militaire a eu lieu après la guerre d’Algérie, avec un premier enregistrement réalisé en 1965 par la promotion Zirnheld de l’EMIA. Composé à l’origine pour les Wandervögel, des mouvements de jeunesse allemands d’avant la Première Guerre mondiale, ce chant est l’œuvre de Walter Flex, tombé sur le front oriental en 1917. La mélodie la plus célèbre est signée Robert Götz. En raison de l’image de l’oie qu’il véhicule, ce chant est particulièrement prisé des parachutistes.

Kyrie des gueux

C’est pour accompagner les pèlerins qui, suivant les pas de Charles Péguy, partent de Notre-Dame de Paris pour rejoindre Notre-Dame de Chartres que le père Paul Doncœur composa ce kyrie.

Il s’est inspiré pour ce Kyrie des gueux de la mélodie d’un vieil air lansquenet du XVIe siècle : Wir Zogen in das Feld . Il fut chanté par les mercenaires de Charles Quint lors des campagnes d’Italie, et durant sa lutte contre Venise. Les lansquenets étaient originaires de différents pays, ce qui explique dans le chant original de l’allemand et de l’italien.

Le terme « bissac » fait référence à un sac. Le mot désigne littéralement une « besace, sac analogue, faisant partie du harnachement des chevaux dans l’armée ».

Le Kyrie, dont le nom vient du grec ancien Κύριε ἐλέησον (Kýrie eléêson) [en grec moderne : Κύριε ελέησον (Kírie eléison)], est un chant liturgique des Églises catholique et orthodoxe qui signifie : Seigneur prenez pitié.

Ce chant est aussi chanté traditionnellement à la fin des pèlerinages de routiers à Vézelay (Scouts-d’Europe) et Cléry (Europas-scouts). Au passage « Ce soir chez le Bon-Dieu, Frappez les gueux » les routiers-scouts frappent avec leur bâton sur les portes de la basilique qui s’ouvrent alors.

Ce chant est aussi celui du 12°Régiment de Cuirassiers.

ILE MAURICE – MOTHERLAND

« Motherland » est l’hymne national de la République de Maurice, adopté le 12 mars 1968 lors de l’accession à l’indépendance de l’île. Les paroles ont été écrites par Jean Georges Prosper et la musique composée par Philippe Gentil. Ce chant solennel incarne les valeurs fondatrices d’une nation multiculturelle : unité, paix, justice et liberté.

Les Cosaques

"Les Cosaques"

La richesse du répertoire russe s’explique par le caractère réglementaire du chant dans l’armée tsariste.

Ce chant est une adaptation française d’un chant traditionnel russe. Dans son Anthologie du chant militaire français, Thierry Bouzard rappelle que le chant était réglementaire dans l’armée tsariste, ce qui explique la richesse du répertoire russe.

Ici sont évoqués les cosaques. Libres et fiers, ces cavaliers devinrent peu à peu des fidèles serviteurs du Tsar.

Après l’avènement du bolchevisme, ils furent impitoyablement persécutés. C’est pourquoi certains n’hésitèrent pas à s’enrôler dans la waffen SS pour lutter contre le bolchevisme…

Il existe de nombreuses variations : "Dans les bois" pour "au fond des bois" c. 1, l.1 ; "Emportés par de rapides galops" c. 2, l. 3 ; "Nous filons" pour "Nous allons" c. 2, l.4 ; "Coucher" ou "danser" ou "dormir" pour "chanter" c. 3, l. 2 ; "voix" pour "voiles" c. 3, l. 3. Il arrive également que les 2e et 3e couplets soient inversés.

De cap tà l’immortèla

De cap tà l’immortèla est l’une des chansons les plus célèbres du groupe béarnais Nadau, dans l’album éponyme, qui a été composée en 1978.

Les paroles sont en langue béarnaise, variante du gascon. C’est un hymne à la liberté et à l’amour de son pays qui est devenu très populaire dans toute l’Occitanie1, au point de devenir une chanson traditionnelle.

L’immortèla est le nom de l’edelweiss en occitan (à ne pas confondre avec l’« immortelle » en français qui est une fleur jaune qui ne sèche jamais qu’on trouve partout dans le midi).

Traduction – Vers l’immortelle

1 – Je connais un pays, et une fleur,
Et une fleur, et une fleur,
On l’appelle celle de l’amour,
Celle de l’amour, celle de l’amour,

(Refrain) Haut, Petit Pierre, on va marcher, on va marcher
Vers l’immortelle,
Haut, Petit Pierre, on va marcher, on va marcher,
On va chercher le pays.

2 – En haut du pic, il y a une lumière,
Il y a une lumière, il y a une lumière,
Il faut y garder les yeux dessus,
Les yeux dessus, les yeux dessus,

3 – Il faut traverser toutes les ronces,
Toutes les ronces, toutes les ronces,
Pour s’accrocher, seulement les mains,
Seulement les mains, seulement les mains,

4 – Peut être on n’en verra jamais la fin,
Jamais la fin, jamais la fin,
La liberté, c’est le chemin,
C’est le chemin, c’est le chemin.

5 – Après le pic, un autre pic,
Un autre pic, un autre pic,
Après la lumière, une autre lumière,
Une autre lumière, une autre lumière…

La légende du feu

Indémodable pour des débuts de veillée, cet éternel chant de joie a lui aussi été écrit par Jacques Sevin sur la musique d’Henri Colas intitulée "Feu de bois, feu de charbon". Ce chant a été publié dans de nombreux carnet de chant de tout les mouvements (tra-son, diapason bleu, hodari…) et dans plusieurs pays comme en France, en Suisse et en Belgique depuis 1945. Une interprétation de ce chant a été faite dans "60 années de chants Scouts de France" par la chorale "A cœur de joie" franco-allemande.

Comment doit-on danser la Légende du Feu ?

La Légende du feu a été écrite pour Chamarande (lieu où se tinrent les camps de formation des Scouts de France de 1922 à 1951), et c’est là qu’elle a été dansée pour la première fois. Les altérations dont elle a été l’objet nous invitent à donner ici la seule façon correcte et élégante de la danser.

Trois remarques d’abord :

Le nombre de danseurs n’est pas indifférent. Pour un feu limité par des bûches de 2 mètres de long environ, il faut 16 danseurs au maximum : quatre face à chaque côté (12 est un peu juste),

Pour éviter l’essoufflement et assurer la régularité de la danse, les danseurs ne doivent pas chanter. Le chant est donné par un autre groupe, qui ne danse pas. Celui-ci veille en chantant à ce que les danseurs puissent suivre le rythme du chant.

Les danseurs forment le cercle autour du feu, en se donnant la main. Durant le couplet, on s’approche ou s’éloigne alternativement du feu; durant le refrain seulement, on danse en rond.

Mouvement du couplet :

« Les scouts ont mis la flamme »

Partant du pied gauche, marche vers le feu. En prononçant « flamme », on met le pied gauche sur le rebord du feu.

« Au bois résineux »

Marchant à reculons, on se retrouve à son point de départ sur la syllabe « neux ».

« Écoutez monter l’âme »

Départ du pied gauche comme au 1er vers; pied gauche sur le rebord du feu à la syllabe « âme ».

« Qui palpite en eux »

Retour à reculons, sur la syllabe « eux ». Cette marche aller et retour doit être rythmée, légère, sur les pointes, accompagnée d’un léger balancement des bras.

Mouvement du refrain :

Le refrain est une ronde; ce n’est pas une farandole échevelée; ronde cadencée et régulière : éviter absolument de courir.

« Monte flamme légère,

Feu de camp, si chaud, si bon »

On tourne, vers sa droite. Les mains unies, en sautant légèrement sur ses pointes (le chant dit : mystérieux et très doux – donc rien de violent). Sur la syllabe « bon » (1er temps de la 2e mesure), on repart vers la gauche tandis qu’on chante :

« Dans la plaine ou la clairière,

Monte encore et monte donc. »

Remarquez le mezzo forte du chant. Sur la syllabe « donc », chacun si l’on a dansé régulièrement doit être revenu à sa position de départ.

On commence alors un 3ème mouvement : reprise de marche vers le feu.

Sur la syllabe « Mon » (2e temps de la 9e mesure), on marche vers le feu comme durant le couplet, mais à la dernière syllabe de la répétition :

« Monte encore et monte donc »

On monte des deux pieds sur le cadre. 4 danseurs de chaque côté, en élevant au moment où l’on arrive, les bras vers le ciel, les mains restant unies. On demeure ainsi immobile durant le point d’orgue, sur « donc ».

Puis, tandis qu’on chante

« Feu de camp si chaud si bon, »

On redescend en ramenant les bras à leur position normale et l’on revient à reculons à la place où l’on doit se trouver, sur la syllabe « bon ».

Sous peine de rendre la chanson inintelligible, les couplets doivent être chantés dans l’ordre. Pour abréger on peut sauter les couplets 7 à 12.

Les couplets #15 et #16 doivent être chantés et dansés de plus en plus lentement.

À la fin du dernier refrain, le cercle étant alors à sa plus grande dimension, les danseurs, en conservant encore les mains unies, saluent en s’inclinant vers le feu.