Paroles de

Les œillets rouges

Écouter sur :

1 – Dans ces temps-là, les nuits, on s’assemblait dans l’ombre,
Indignés, secouant le joug sinistre et noir
De l’homme de Décembre, et l’on frissonnait, sombre,
Comme la bête à l’abattoir.

2 – L’Empire s’achevait. Il tuait à son aise,
Dans son antre où le seuil avait l’odeur du sang.
Il régnait, mais dans l’air soufflait La Marseillaise.
Rouge était le soleil levant.

3 – Il arrivait souvent qu’un effluve bardique,
Nous enveloppant tous, faisait vibrer nos cœurs.
A celui qui chantait le recueil héroïque,
Parfois on a jeté des fleurs.

4 – De ces rouges œillets que, pour nous reconnaître,
Avait chacun de nous, renaissez, rouges fleurs.
D’autres vous reprendront aux temps qui vont paraître,
Et ceux-là seront les vainqueurs.

5 – Si j’allais au noir cimetière,
Frères, jetez sur votre sœur,
Comme une espérance dernière,
De rouges œillets tout en fleur.

6 – Dans les derniers temps de l’Empire,
Lorsque le peuple s’éveillait,
Rouge œillet, ce fut ton sourire
Qui nous dit que tout renaissait.

7 – Aujourd’hui va fleurir dans l’ombre
Des noires et tristes prisons.
Va fleurir près du captif sombre,
Et dis-lui bien que nous l’aimons.

8 – Dis-lui que par le temps rapide
Tout appartient à l’avenir ;
Que le vainqueur au front livide
Plus que le vaincu peut mourir.

À propos

Auteurs : Louise MICHEL
Date : Septembre 1871

Poème écrit à la maison d’arrêt de Versailles. Louise Michel sera ensuite déportée en Nouvelle-Calédonie, avant de pouvoir rentrer en France en 1880.

La Commune a été proclamée le 26 mars 1871.

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C’était Anne de Bretagne

Le mariage de Charles VII avec la Duchesse Anne de Bretagne en 1491 fut un évènement considérable. Les Bretons eux-mêmes l’apprécièrent diversement bien que le Duché soit resté distinct de la couronne jusqu’en 1532, date du mariage de Claude de France, fille d’Anne de Bretagne avec François Ier. « C’était Anne de Bretagne » serait l’ancêtre de « En passant par la Lorraine ». Cette belle chanson sur le mariage d’Anne de Bretagne et de Charles VIII Roy de France est elle-même dérivée d’une plus ancienne chanson bretonne, « En revenant de Rennes ». Elle a été remise au goût du jour sous la troisième République – en changeant quelques paroles – quand le simple mot de « Lorraine » faisait vibrer le cœur de tous les Français.

Pour en savoir plus, voir notre article : https://chantsdefrance.fr/repertoire/webzine/quand-lhistoire-fait-naitre-des-chants-populaires

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Mazarinade

1650

Pendant la Fronde, les français se consolaient des impôts comme ils pouvaient. Les pamphlets contre Mazarin, chantés ou simplement publiés anonymement, faisaient fureur.

On les appelait les Mazarinades, et il y en eut dit-on plus de 4000 répertoriés!

Mais cela ne troublait guère le Cardinal qui laissait chanter car il savait se faire payer ! "Les français chantent ? C’est bon, c’est bon: ils paieront !" disait-il avec son accent italien.

Et Alexandre Dumas faisait chanter par Planchais les vers suivants dans "Les trois Mousquetaires" :

Un vent de fronde
S’est levé ce matin
Je crois qu’il gronde
Contre le Mazarin

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D’une seule voix

« D’une seule voix » est un chant de supporters de l’Olympique Lyonnais, scandé depuis les virages du stade où les ultras lyonnais se rassemblent pour porter les couleurs de leur club. D’auteur anonyme, comme la quasi-totalité des chants de kop, il incarne l’idéal de communion vocale propre à la culture des tribunes en France.

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