"Le Facteur n’est pas passé" appartient au répertoire anonyme des jeux chantés français, transmis de bouche à oreille dans les cours d’école et les fêtes de village. Aucun auteur ni date de composition n’est documenté : comme la plupart des comptines collectives, elle s’est construite et diffusée par la pratique enfantine elle-même.
Le jeu repose sur une mécanique simple et universelle : un enfant fait le tour d’un cercle et dépose discrètement un mouchoir dans le dos d’un joueur, qui doit le remarquer et rattraper le "facteur" avant que celui-ci ne s’empare de sa place. Ce type de jeu de poursuite en ronde, communément appelé jeu du mouchoir, est l’un des jeux de groupe les plus répandus dans les cours de récréation françaises.
L’énumération scandée des sept jours de la semaine — lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche — rythme la ronde tout en ancrant naturellement le calendrier hebdomadaire dans la mémoire des enfants. La comptine double ainsi sa fonction ludique d’une valeur pédagogique implicite, trait caractéristique de nombreux jeux chantés du patrimoine oral français.
La variante dite "de la chandelle", dans laquelle l’enfant distrait est envoyé au milieu du cercle plutôt que de courir après le facteur, témoigne de la capacité d’adaptation de ce répertoire au gré des régions, des cours de récréation et des animateurs qui se l’approprient.