Transmise sans nom d’auteur, « Le vagabond fleuri » s’inscrit dans une longue tradition de chansons pastorales françaises où le personnage du vagabond ou du chemineau — libre, insouciant, en harmonie avec la nature — incarne une certaine idée de la joie simple et populaire. Cette figure traverse le répertoire chansonnier français du XIXe et du début du XXe siècle, illustrée notamment par Béranger et son célèbre « Vieux Vagabond », avant de se diffuser dans les chansonniers collectifs de province.
Les paroles convoquent un univers champêtre codifié : les chemins de pierre, le ciel bleu, la bergère, « les fleurs du Bon Dieu ». Cette imagerie est caractéristique des chansons à destination familiale ou communautaire, diffusées dans les patronages, les veillées rurales et les premiers mouvements de plein air qui se développent en France dans la première moitié du XXe siècle.
L’anonymat de l’auteur indique que le chant a circulé principalement par voie orale ou à travers des recueils collectifs, sans jamais être revendiqué comme œuvre individuelle — situation fréquente dans le répertoire populaire français où mélodies et paroles se recopient et s’adaptent au fil des générations. Le refrain en « la la la » facilitait la mémorisation et l’usage choral spontané autour d’un feu ou d’une table.
Aujourd’hui, « Le vagabond fleuri » appartient à ce fonds de chansons traditionnelles que les chœurs d’amateurs et les passionnés de patrimoine vocal continuent de faire vivre, témoignant d’une poésie populaire attachée à la beauté du monde rural et à la légèreté du cœur.