Paroles de

Les journées de juin

Écouter sur :

1 – La France est blanche comme un lis,
Le front ceint de grises verveines ;
Dans le massacre de ses fils,
Le sang a coulé de ses veines ;
Ses genoux se sont affaissés
Dans une longue défaillance.
O Niobé des temps passés,
Viens voir la douleur de la France !

(Refrain) Offrons à Dieu le sang des morts
De cette terrible hécatombe,
Et que la haine et les discordes
Soient scellées dans leur tombe ! (bis)

2 – Quatre jours pleins et quatre nuits,
L’ange des rouges funérailles,
Ouvrant ses ailes sur Paris
A soufflé le vent des batailles.
Les fusils, le canon brutal
Vomissant à flots sur la ville
Une fournaise de métal
Qu’attisait la guerre civile.

3 – Combien de morts et de mourants,
Insurgés, soldats, capitaines !
Que d’hommes forts dans tous les rangs !
Peut-il rester encor des haines ?
Le pasteur tendant l’olivier,
D’une balle est atteint lui-même :
« Oh ! que mon sang soit le dernier ! »
Dit-il à son heure suprême.

4 – La faim aux quartiers populeux
Est une horrible conseillère ;
Le lion, que brûlent ses feux,
Rugit et quitte sa tanière.
Un peu d’or dans l’ombre semé,
Un flambeau de pourpre qui brille,
Font sortir tout un peuple armé
Quand le pain manque à la famille.

5 – Ce n’est pas sans avoir saigné
Que notre capitale est sauve ;
Grâce aux canons, l’ordre a régné,
On a traqué la bête fauve.
La mort a souillé l’eau des puits,
Des ruisseaux et de la rivière.
On n’a fait que peupler depuis
Les cachots et le cimetière.

6 – Il ne reste, après ce grand deuil,
D’autre profits de la bataille,
Que des frères dans le cercueil
Et des prisonniers sur la paille.
O République au front d’airain !
Ta justice doit être lasse :
Au nom du peuple souverain,
Pour la première fois, fais grâce !

À propos

Auteur : Pierre Dupont

Date : 1848

La révolution de 1848 a eu lieu à Paris, du 22 au 25 février. Alphonse de Lamartine a proclamé la Deuxième République le 24 février 1848, alors que Louis-Philippe avait abdiqué. En juin 1848, ce sont les journées de juin : les ouvriers se soulèvent et sont réprimés dans le sang.

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Petite fleur

Petite fleur est une chanson populaire française anonyme dont le texte fait de la fleur captive l’image d’une âme en exil, séparée de sa montagne et de son amour. Ce chant mélancolique et pieux appartient à la tradition des complaintes de séparation qui traversent le répertoire chansonnier populaire français.

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La familho

Auteur : Zéphirin Castellon. Zéphirin Castellon est né en 1926 à Belvédère (06, vallée de la Vésubie) d’une famille de paysans. Son oncle lui apprend à jouer du fifre tel que cela se fait en Vésubie, alors que la pratique se perd complètement. Adulte, il devient surveillant de prison, loin de sa terre natale, et écrit, pour se donner du baume au cœur, des chansons sur son village ou ses souvenirs d’enfance.

"La familho" en est une, elle décrit une journée tranquille de paysans de Belvédère. Lorsqu’il prend sa retraite, Zéphirin Castellon revient au pays où il se lance dans une grande œuvre d’enseignement et de revival de la pratique du fifre et où il chante ses chansons. Aujourd’hui, ses chansons font partie du patrimoine de la Vésubie, souvent chantées en polyphonie. Sa chanson la plus connue "Viven toujourn en mountagno" a été diffusée dans tout le sud de la France par le biais des troupes de fifres et tambours.

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Die Füsiliere

Trouvable dans « Das Volkslied im Elsass », Joseph Lefftz, vol. 2, page 55

Collecté à Strassburg (Strasbourg) en 1881.

Collecte réalisée à nouveau par Daniel Muringer pour OLCA (Office pour la langue et les cultures d’Alsace), site Sàmmle

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