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Paroles de

Mort aux vaches Corse

« Mort aux vaches » (version corse) adapte le chant libertaire Cayenne à un imaginaire insulaire : Pasquale Paoli, la Corse et l’opposition aux forces de l’ordre remplacent le bagne et la…

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Proposer un chant

1 – Du port de Brest à la rade de Toulon
500 gardes mobiles ont envahi l’ile de Pasquale Paoli
Mais dites leur
Que nous sommes Corses
Et d’une race pure
Et nous n’avons pas peur des képis

(Refrain) Et mort aux vaches
Et mort aux condés
A ces enfants de pute de la sureté
Non pas de grâce non pas de pitié
De mon calibre douze et de ses balles blindées

2 – A ma naissance
Mon père me l’a dit
Que je serai un enfant sans souci
Que je serai le plus gros des bandits

3 – A l’âge de cinq ans, j’allais à l’école
A l’âge de six ans, le porte plume en poche
A l’âge de dix ans, la cigarette au bec
A l’âge de quinze ans, le revolver en main

4 – Je me souviens très bien de l’hôpital de Nice
C’est là que j’ai soigné ma première chaude pisse
Et gare à la putain qui m’a si mal servi
Car c’est à cause d’elle que j’en suis ici

5 – Je me souviens très bien de ma première femme
Elle s’appellait Titine une putain d’arabe
Titine mon amour, Titine mon trésor
Je veux vivre avec toi ou mourir en prison

6 – En descendant le cour on me traita de lâche
Mais moi qui suis un Corse
Un Corse n’est pas lâche
Sortant mon revolver visant son triste sort
et d’une balle en plein cœur il tomba raide mort

7 – Je me souviens très bien
Elle faisait la putain et moi la sentinelle
Quand avec ses passants
Levant l’drap d’son jupon et la traitant d’putain

8 – A mon enterrement trois cent putains en larmes
Et trois cent maquereaux porteront mon tombeau
Et sur ma literie écrit en lettres d’or
Si il n’était pas mort il banderait encore 

9 – Quant à mon héritier je voudrais qu’on l’élève
Dans l’illégalité, la marginalité
Dans le vice et le sexe et la prostitution
Qu’il devienne un caïd de la prohibition  

Histoire

Pour comprendre l’histoire de « Mort aux vaches » version corse, il faut la rapprocher de Cayenne (Mort aux vaches), chanson libertaire du début du XXe siècle souvent attribuée à Aristide Bruant. La variante conserve le récit à la première personne et le refrain hostile à la police, mais déplace l’action vers la Corse.

Le texte multiplie les marqueurs insulaires : l’« île de Pasquale Paoli », l’affirmation de l’identité corse et l’arrivée de gardes mobiles. Il ne s’agit donc pas d’une traduction en langue corse, mais d’une adaptation française qui réemploie un chant antiautoritaire pour lui donner un cadre nationaliste corse.

Le sens du refrain est plus ancien que cette variante. L’Indépendant rattache « mort aux vaches » à la guerre franco-prussienne de 1870 et au mot allemand Wache (« garde » ou « sentinelle »), devenu une injure visant les forces de l’ordre. Le Musée de l’Armée présente toutefois cette explication comme l’une de deux origines possibles, avec une hypothèse liée aux deux vaches des armes du Béarn sous Henri IV.

L’auteur et la date de création de la version corse restent inconnus dans les sources consultées. Sa circulation contemporaine est attestée par plusieurs enregistrements en ligne ; elle a aussi donné lieu à la parodie Mort aux tâches. Cette filiation montre comment un même refrain change de lieux, de personnages et de portée politique selon le milieu qui se l’approprie.

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