Pour comprendre l’histoire de « Mort aux vaches » version corse, il faut la rapprocher de Cayenne (Mort aux vaches), chanson libertaire du début du XXe siècle souvent attribuée à Aristide Bruant. La variante conserve le récit à la première personne et le refrain hostile à la police, mais déplace l’action vers la Corse.
Le texte multiplie les marqueurs insulaires : l’« île de Pasquale Paoli », l’affirmation de l’identité corse et l’arrivée de gardes mobiles. Il ne s’agit donc pas d’une traduction en langue corse, mais d’une adaptation française qui réemploie un chant antiautoritaire pour lui donner un cadre nationaliste corse.
Le sens du refrain est plus ancien que cette variante. L’Indépendant rattache « mort aux vaches » à la guerre franco-prussienne de 1870 et au mot allemand Wache (« garde » ou « sentinelle »), devenu une injure visant les forces de l’ordre. Le Musée de l’Armée présente toutefois cette explication comme l’une de deux origines possibles, avec une hypothèse liée aux deux vaches des armes du Béarn sous Henri IV.
L’auteur et la date de création de la version corse restent inconnus dans les sources consultées. Sa circulation contemporaine est attestée par plusieurs enregistrements en ligne ; elle a aussi donné lieu à la parodie Mort aux tâches. Cette filiation montre comment un même refrain change de lieux, de personnages et de portée politique selon le milieu qui se l’approprie.