De Noble-Cœur écoutez la prière
Qu’il fit un jour à l’un de ses enfants :
Je me souviens de mes jours de naguère.
De mes beaux jours de dix-huit à trente ans
C’était le temps de mon gai Tour de France,
Je voyageais en Compagnon Passant,
(bis) Où j’eus toujours l’amour et la constance
Que doit avoir un parfait Devoirant.
Enfant mon fils, comprends-tu ce langage ?
Autant que moi prends pour ambition
De parvenir au beau Compagnonnage
Où les vertus font la belle union.
Pars dès ce jour, mais songe que ton père
Par son talent avait pu s’acquérir
(bis)Un nom d’honneur, doux gage salutaire,
Et des secrets que nul ne peut ravir.
Fuis pour toujours la compagnie infâme
Qui pourrait bien te corrompre le cœur ;
Méprise-la du profond de ton âme,
Elle salit le sentier de lhonneur.
Adieu, mon fils, préserve ta jeunesse.
Vas, ne crains rien, Dieu veillera sur toi:
(bis) Ne reviens pas affliger ma vieillesse,
Si tu n’es pas Compagnon comme moi.
Cinq ans plus tard revenait au village
Le fils chéri que Noble-Cœur aimait;
Il rapportait du beau Compagnonnage
Canne et couleurs, doux gage de bienfait.
Quand le vieillard l’aperçut sur la route,
Il s’écria, tout en tremblant d’émoi :
(bis) C’est bien mon fils, oh ! je n’ai plus de doute,
Je le revois, Compagnon comme moi.
Écoutez-moi, puisqu’en notre famille
La coutume est de vous nommer l’auteur.
Il est Breton et Compagnon Bon Drille.
De son métier Plâtrier-stucateur.
Le-Bien-Aimé-de-Saint-Georges il s’appelle,
la juré d’aimer notre Devoir,
(bis) Il chantera toujours du même zèle
Si le Très-Haut lui laisse son espoir.









