Les chants de supporters prennent leur essor en France dans les années 1970-1980, portés par le mouvement ultra inspiré du modèle italien. À Marseille, où le football occupe une place centrale dans la culture populaire depuis la fondation de l’Olympique de Marseille en 1899, les tribunes du Stade Vélodrome sont rapidement devenues l’un des foyers les plus intenses de cette tradition.
Dans le vocabulaire du football français, le « virage » désigne les extrémités courbes d’un stade, traditionnellement occupées par les groupes ultras les plus engagés. C’est dans ces espaces que naissent et se transmettent les chants collectifs, conçus pour être repris en chœur, scandés en rythme et entretenir la pression sonore tout au long des matchs.
« Du Virage Depé » s’inscrit pleinement dans cette tradition. Sa structure — un appel direct au soutien (« Allez l’OM »), une référence à la tribune et une déclaration d’appartenance collective (« le peuple marseillais ») — est caractéristique des chants de stade efficaces : mémorisables, rythmés, porteurs d’une identité locale forte.
Transmis de génération en génération par la seule voie orale, ce chant anonyme illustre la vitalité d’une culture populaire où l’auteur s’efface derrière la voix du collectif. Il témoigne du rôle du chant comme ciment de l’identité sportive et populaire marseillaise.