Paroles de

An alarc’h

Paroles de

An alarc’h

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1 – Un alarc’h, un alarc’h tra mor (bis)
War lein tour moal kastell Arvor

(Refrain) Dinn, dinn, daoñ, d’an emgann, d’an emgann, o !
Dinn, dinn, daoñ, d’an emgann ez an

2 – Neventi vad d’ar Vretoned (bis)
Ha mallozh ruz d’ar C’hallaoued

3 – Erru ul lestr e pleg ar mor (bis)
E ouelioù gwenn gantañ digor

4 – Degoue’et an Aotrou Yann en-dro (bis)
Digoue’et eo da ziwall e vro

5 – Enor, enor d’ar gwenn-ha-du ! (bis)
Ha d’an dreitourien mallozh ruz !

6 – Un alarc’h, un alarc’h tra mor (bis)
War lein tour moal kastell Arvor

7 – D’hon diwall diouzh ar C’hallaoued
A vac’hom war ar Vretoned

8 – Ken e laosker ur youc’hadenn
A ra d’an aod ur grenadenn

9 – Ken e son ar menezioù Laz
Ha froen, ha trid ar gazeg c’hlas

10 – Ken e kan laouen ar c’hleier
Kant lev tro-war-dro, e pep kêr

11 – Deut eo an heol, deut eo an hañv
Deut eo en-dro an Aotroù Yann

12 – An Aotroù Yann a zo paotr mat
Ken prim e droad hag e lagad

13 – Laezh ur Vreizhadez a sunos
Ul laezh ken yac’h evel gwin kozh

14 – Luc’h a daol e c’hoaf p’hen horell
Ken e vrumenn an neb a sell

15 – Pa c’hoari kreñv, ken kreñv e tarc’h
Ken e taouhanter den ha marc’h

16 – Darc’h atav, dalc’h mat, aotroù dug
Dav warnehe ! Ai-ta ! Bug-ho ! Bug !

17 – Neb a drouc’h ‘vel a douc’hez-te
N’en deus aotrou nemet Doue !

18 – Dalc’homp, Bretoned, dalc’homp mat !
Arsav na truez ! Gwad oc’h gwad !

19 – Itron Varia Breizh, skoaz da vro !
Fest erbedenner, fest a vo !

20 – Dare’ ar foenn; piv a falc’ho ?
Dare’ an ed; piv a vedo ?

21 – Ar foenn, an ed, piv o fako ?
Ar roue gav’ gantañ ‘raio

22 – Dont a ray a-benn ur gaouad
Gant ur falc’h arc’hant da falc’hat

23 – Gant ur falc’h arc’hant er bro-ni
Ha gant ur falz aour da vediñ

24 – Mar plije gant ar C’hallaoued
Daoust hag int mank ar Vretoned ?

25 – Mar plije gant ‘n Aotrou roue
Daoust hag-eñ eo den pe Zoue ?

26 – Skrignañ ‘ra bleizi Breizh-Izel
O klevet embann ar brezel

27 – O klevet ar youc’h, e yudont
Gant c’hwezh ar C’hallaoued e reont

28 – En heñchoù, e-berr a welour
O redek ar gwad evel dour

29 – Ken yey ruz-glaou brusk an houidi
Hag ar wazi gwenn o neuiñ

30 – Muioc’h a dammoù goaf, e sklent
Eget skoultroù goude barr-went

31 – Ha muioc’h a bennoù-marv
Eget e karnelioù ar vro

32 – Paotred Bro-C’hall ‘lec’h ma kouezhint
Betek deiz ar varn e c’hourve’int

33 – Betek deiz ar varn hag ar fust
Gant an Trubard a ren ar rustl

34 – An diveradur eus ar gwez
‘Ray dour benniget war e vez !

À propos

An Alarc’h, signifiant « Le cygne » en breton, se dévoile comme une pièce emblématique de la musique traditionnelle bretonne, originaire du Barzaz Breiz et revendiquée comme un chant à connotation patriotique. Sa renommée s’étend à travers les décennies, suscitant l’interprétation de chanteurs contemporains bretons tels qu'Alan Stivell, Gilles Servat, et Tri Yann.

Le débat entourant l’origine de cette chanson s’est intensifié avec la thèse controversée de Francis Gourvil, suggérant que le vicomte de La Villemarqué en serait le compositeur, théorie largement remise en question par les recherches de Donatien Laurent et la découverte de cahiers de collectage.

Selon Théodore Hersart de la Villemarqué, An Alarc’h narre le triomphant retour d’exil du duc Jean IV (an aotroù Yann), déterminé à reconquérir son duché après avoir été chassé par ses sujets six ans plus tôt.

La chanson évoque le contexte où, menacé d’une perte d’indépendance accrue sans le duc, les seigneurs bretons sollicitent son retour depuis son refuge en Angleterre. Le 3 août 1379, Jean IV débarque à Dinard pour rétablir son règne en Bretagne. Le personnage du « traître » à la fin de la chanson est attribué à Bertrand Du Guesclin, le chevalier breton et connétable de France, bien qu’il n’ait pas engagé le combat contre le retour du Duc.

An Alarc’h symbolise le cygne, observateur depuis le sommet de la tour du château d’Arvor, immortalisant cette page d’histoire à travers ses notes mélodiques et son héritage culturel.


Un cygne, un cygne d’outre-mer,

Au sommet de la vieille tour du château d’Armor !


Refrain :

Dinn, dinn, daon ! Au combat ! Au combat ! Oh !

Dinn, dinn, daon ! Je vais au combat


Heureuse nouvelle aux Bretons !

Et malédiction rouge aux Français !


Un navire est entré dans le golfe

Ses blanches voiles déployées


Le seigneur Jean est de retour

Il vient défendre son pays


Nous défendre contre les Français

Qui empiètent sur les Bretons


Un cri de joie part

Qui fait trembler le rivage


Les montagnes du Laz résonnent

La cavale blanche (la mer) hennit et bondit d’allégresse


Les cloches chantent joyeusement

Dans toutes les villes, à cent lieues à la ronde


L’été revient, le soleil brille

Le seigneur Jean est de retour !


Le seigneur Jean est un bon compagnon

Il a le pied vif comme l’œil


Il a sucé le lait d’une Bretonne

Un lait plus sain que du vin vieux


Sa lance, quand il la balance, jette de tels éclairs

Qu’elle éblouit tous les regards


Son épée, quand il la manie, porte de tels coups

Qu’il fend en deux homme et cheval


Frappe toujours ! Tiens bon ! Seigneur duc

Frappe dessus ! Courage ! Lave-les (dans leur sang) ! Lave-les !


Quand on hache comme tu haches

On n’a de suzerain que Dieu !


Tenons bon, Bretons ! Tenons bon !

Ni merci, ni trêve ! Sang pour sang !


O Notre-Dame de Bretagne ! Viens au secours de ton pays !

Nous fonderons un service, un service commémoratif !


Le foin est mûr : qui fauchera ?

Le blé est mûr : qui moissonnera ?


Le foin, le blé, qui les emportera ?

Le roi prétend que ce sera lui


Il va venir faucher en Bretagne

Avec une faux d’argent


Il va venir faucher nos prairies avec une faux d’argent

Et moissonner nos champs avec une faucille d’or


Voudraient-ils savoir, ces Français

Si les Bretons sont des manchots ?


Voudrait-il apprendre, le seigneur roi

S’il est homme ou Dieu ?


Les loups de la Basse-Bretagne grincent des dents

En entendant le ban de guerre


En entendant les cris joyeux, ils hurlent

À l’odeur de l’ennemi, ils hurlent de joie


On verra bientôt, dans les chemins

Le sang couler comme de l’eau


Si bien que deviendra rouge comme la braise le plumage des canards

Et des oies blanches qui les passeront à la nage


On verra plus de tronçons de lances éparpillés

Qu’il n’y a de rameaux sur la terre, après l’ouragan


Et plus de têtes de morts

Qu’il n’y en a dans les ossuaires du pays


Là où les Français tomberont, ils resteront couchés

Jusqu’au jour du jugement


Jusqu’au jour où ils seront jugés et châtiés

Avec le Traitre qui commande l’attaque


L’égout des arbres sera l’eau bénite

Qui arrosera son tombeau !

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