Paroles de

Complainte de Danaë / La Danaë

Écouter sur :

1 – L’était une frégate lon la,
L’était une frégate,
C’était la Danaé,
A prendre un ris dans les basses voiles,
C’était la Danaé,
A prendre un ris dans les huniers

2 – À son premier voyage lon la,
À son premier voyage
La frégate a sombré
A prendre un ris dans les basses voiles,
La frégate a sombré
A prendre un ris dans les basses voiles,

3 – Et de tout l’équipage
Un gabier s’a sauvé

4 – Il aborde sur la plage,
Il savait bien nager

5 – Mais là, sur le rivage
Une belle éplorée,

6 – Belle comme une frégate
Française et pavoisée.

7 – « Pourquoi pleurer, la belle,
Pourquoi si tant pleurer ?

8 – – Je pleure mon avantage
Dans la mer qu’est tombé !

9 – – Et qu’aurait donc, la belle,
Celui qui vous le rendrait ?

10 – – Lui en ferais offrande
Avec mon amitié. »

11 – À la première plonge
Le marin n’a rien trouvé

12 – À la centième plonge
Le pauvre s’est noyé

13 – Car jamais avantage
Perdu n’est retrouvé !

À propos

La Danaé est un chant de gaillard d’avant traitant ironiquement du thème du Plongeur noyé.

Boutique en ligne

Suivez-nous

Affichez votre histoire, vos terroirs ! T-shirts marins, sweats scouts, mugs bretons et tote-bags aux refrains mythiques : emportez l’esprit des chants français partout avec vous.

Il est des notres

« Il est des nôtres » n’est pas seulement une chanson à boire ou à crier dans une fête, c’est un véritable rituel initiatique populaire, une liturgie paillarde qui transcende les générations. Ce refrain, connu dans tous les milieux festifs — des cercles étudiants aux repas de corps militaires, des tablées scoutes aux troisièmes mi-temps de rugby — consacre un membre dans la communauté joyeuse et fraternelle des bons vivants.

Né dans les années d’après-guerre (probablement dans les années 1950), ce chant suit une forme simple, répétitive et évolutive, dont la structure permet d’inclure tour à tour chaque convive dans une mise en scène semi-burlesque : « Il est des nôtres, il a bu son verre comme les autres ! » est lancé comme une sentence bienveillante et moqueuse, souvent ponctuée par le tintement des verres et des éclats de rire.

Le secret de sa popularité ? Une mélodie extrêmement facile à retenir, un rythme entraînant, et surtout une dynamique de jeu collectif qui renforce l’esprit de groupe. Ce chant est un outil d’inclusion sociale : on ne le chante jamais seul. Il ritualise l’entrée dans un groupe festif avec une dose d’autodérision. On l’improvise, on le module, on y ajoute des couplets et des commentaires en fonction des circonstances. Il peut durer deux minutes ou s’étirer pendant toute une soirée.

Longtemps cantonné aux salles de garde, troquets et mess, ce chant a aussi traversé les époques pour s’immiscer dans la culture populaire : sketchs humoristiques, soirées étudiantes, rassemblements sportifs ou émissions télévisées. Il témoigne d’un folklore contemporain et vivant, où la convivialité se met en scène à travers des codes bien ancrés dans l’imaginaire collectif français.

Ce chant fait partie de ces morceaux qui illustrent une certaine joie française du partage et de la dérision, une façon typiquement hexagonale de mélanger tradition orale et esprit potache.

Lire la suite »

Le Bon Roi Dagobert (intégral)

Le Bon Roi Dagobert est une chanson parodique française datant de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Elle évoque deux personnages historiques : le roi mérovingien Dagobert Ier (vers 600–639) et son principal conseiller, saint Éloi (vers 588–660), évêque de Noyon.

<ins>Histoire</ins>

Cette chanson serait inspirée d’un air de chasse beaucoup plus ancien, La Fanfare du grand cerf. Les couplets ont été écrits au fil du temps, certaines paroles datant de la période révolutionnaire et étant probablement destinées à tourner la royauté en ridicule (le personnage moqué serait en réalité Louis XVI — que l’on trouvait nonchalant et indécis). Cependant, après le départ de Napoléon à l’île d’Elbe, les royalistes reprirent la quinzième strophe. La chanson fut donc interdite pendant les Cent-Jours. Les paroles furent appliquées plus tard à Louis XVIII à la Restauration et encore à Napoléon III. Aujourd’hui elle est considérée comme étant une chanson enfantine.

<ins>Le personnage de Dagobert</ins>

Dans la culture populaire française, Dagobert est surtout connu au travers de la chanson du Bon Roi Dagobert. Celle-ci semble datée de la Révolution française. Selon la légende, Dagobert était tellement distrait qu’il avait l’habitude de mettre ses culottes (ses braies, pantalons) à l’envers. Myope, Dagobert avait l’habitude, selon Wulfram de Strasbourg (viiie siècle), de se prendre les pieds dans les tapis et de chuter, sous les regards médusés des témoins. Bon vivant et populaire, il riait bien souvent de sa propre personne. Le respect dû au roi a fait passer sa légendaire distraction pour une simple légende.

Cette chanson, écrite sur un air de danse dit Fanfare du Cerf, n’a pas pour but de transcrire une vérité historique mais plutôt de se moquer du roi Louis XVI, connu entre autres pour sa personnalité distraite, et de la reine Marie-Antoinette, à travers ce roi ancien et mal connu.

Une version alsacienne existe : D’r Kinni Dagobär

Lire la suite »

Sur le pont du Nord

Extrait de nantes.patrimonia.fr

Une jeune fille souhaite aller danser mais sa mère s’y oppose à cause du fleuve en crue. Le frère arrive et emmène sa sœur danser. Les eaux recouvrent les ponts et emportent le frère et la sœur qui se noient.

Les chansons édifiantes ou moralisatrices ne sont pas rares dans le répertoire traditionnel mais souvent le message, aussi austère et rigoriste soit-il, n’apparait pas toujours de manière très évidente et lorsque c’est le cas, il intervient le plus souvent au dernier couplet.

Ce couplet endosse alors la responsabilité d’exprimer une morale dont la jeunesse est d’ordinaire la destinatrice. La danseuse noyée a été recueillie dans les deux modes : sans couplet moralisateur ou avec, comme dans celle recueillie par Patrick Bardoul à Sion-les-Mines (44) en 1988 qui conclut ainsi son propos : Voilà l’histoire des enfants entêtés / Qui vont au bal sans y avoir songé.

La pratique consistant à conclure un chant avec une morale sévère est particulièrement présente dans le répertoire des complaintes criminelles, dans lesquelles le dernier couplet, qui suit d’ordinaire celui consacré à l’exécution du coupable, est suivi du fameux avertissement à la jeunesse, sur le ton ordinaire et définitif de « Bien fait pour lui ! ».

 

Nantes, dans le texte

La ville de Nantes apparaît dans beaucoup de chansons-types par ses ponts. On trouve donc une certaine logique dans le fait qu’un grand nombre de versions de La danseuse noyée localisent l’action dans cette ville. D’autres optent pour une géographie plus neutre en plaçant le bal fatidique sur « le pont du Nord ». Le poids historique et urbanistique des ponts dans l’histoire de la ville offre donc un cadre idéal pour placer l’action de ce drame. Pour plus de détails sur ce point, je vous renvoie à l’ouvrage d’André Péron (voir bibliographie).

 

D’une rive à l’autre

Il s’agit d‘une de ces très nombreuses chansons dans lesquelles le pont joue un rôle essentiel. Le fait qu’il constitue le principal décor de l’action n’est pas la seule raison et n’explique pas la motivation d’un tel choix. En plus d’être des espaces de circulation, les ponts étaient autrefois des lieux de société, des lieux de vie et, par conséquent, aussi des lieux de rencontre. De fait, il est donc logique qu’ils soient aussi le théâtre de scènes de diverses natures : galante, tragique, épique, etc.

Mais outre le fait que le pont fait le lien entre deux entités géographiques, on peut également considérer qu’il symbolise le passage entre deux mondes. Selon les cas il peut s’agir du lien entre le monde des vivants et celui des morts – dans certaines traditions, le pont est remplacé par un passeur – ou comme on peut raisonnablement le penser dans le cas qui nous occupe, le passage entre deux âges de la vie : de l’enfance à l’âge adulte.

Je souscris volontiers et même ardemment à la seconde option car la chanson est très claire sur le fait que l’héroïne est très jeune, puisqu’elle sollicite l’autorisation parentale pour se rendre au bal. L’opposition parentale, même si elle prend prétexte du danger d’un fleuve en crue, apporte la dimension conflictuelle entre les personnages, conflit qui doit aboutir au drame que l’on sait, jusqu’à la morale énoncée plus haut. Celle-ci porte donc l’idée que ce sont les parents qui décident pour leurs enfants du moment où, précisément, ils ne sont plus des enfants et peuvent entrer dans l’âge adulte. La morale qui s’affiche porte donc aussi le message selon lequel la désobéissance à ce principe de base peut être très sévèrement punie. On est à la limite du châtiment divin.

 

Une leçon expéditive

On remarquera que le texte choisit la danse comme motif de la tentation et objet du conflit entre la fille et la mère, or on sait que la danse fut longtemps très sévèrement réprouvée par l’église qui l’assimilait à une pratique contre nature pour ne pas dire un tantinet diabolique. Il n’est pas nécessaire de s’attarder sur les opportunités de rencontres amoureuses qu’offrait le bal aux jeunes gens en âge de se marier ou proches de l’être pour être convaincu du fait que nombre de parents partageaient cette méfiance. En définitive, le texte semble prendre parti pour cette morale objectivement sévère car, dans tous les cas, en dépit des quelques nuances que l’on peut trouver d’une version à une autre, l’histoire se termine toujours par la mort des deux jeunes gens. Le message s’adresse aussi bien à ces derniers qu’aux parents que l’on qualifierait aujourd’hui de « permissifs ».

Toutefois, et histoire de conclure sur une note moins austère et plus optimiste, on peut aussi avoir une toute autre lecture du texte et considérer que la noyade elle-même n’est que symbolique, que la jeune fille a basculé malgré les éléments contraires à sa volonté d’un statut à un autre, profitant du contexte favorable d’un bal où les trémoussements cadencés se sont peut-être mués en ébats amoureux.

Lire la suite »

Le petit ramoneur

Cette chanson se retrouve sous de nombreuses versions principalement en Savoie, Lorraine et dans le Bas-Berry, mais aussi au Québec et dans bien d’autres endroits.

Même si elle n’était probablement pas chantée par les ramoneurs, elle reprend dans le refrain un des cris qu’ils pouvaient scander pour attirer la clientèle.

Les ramoneurs étaient parfois des enfants, car ceux-ci, plus fins, se glissaient facilement dans le conduit de la cheminée.

Lire la suite »

Nos derniers articles