Ecrit en 1943 par un prêtre de La Terrisse, village des plateaux de l’Aubrac près de Laguiole.
Ce chant est considéré comme l’hymne de l’Aubrac. Elle décrit la vie des buronniers sur ce plateau. Ces hommes qui trayaient les vaches Aubrac sur les plateaux du même nom et qui fabriquaient leur fromage dans leurs cabanes étaient appelées "burons".
Après la Seconde Guerre mondiale, la race Aubrac et le dur métier de buronnier déclinèrent, et avec eux toute l’économie des plateaux de l’Aubrac. Pour sauver le fromage de la région et la race Aubrac, André Valadier, figure emblématique de l’Aveyron, créa en 1960 la coopérative Jeune Montagne afin de réunir les différents éleveurs, la coopérative, située à Laguiole, produit le fromage du même nom, et a permis de sauver l’élevage laitier de la région.
Désormais, il ne reste plus qu’un buron en activité.
Traduction française :
LE MAZUC
1 – Là-haut, là-haut dans la montagne,
Au milieu de chaque pâturage,
Dans l’herbe épaisse et la gentiane,
Vous trouverez une petite maison.
2 – Le cantalès, le bédélier,
Avec le pâtre,
y poussent de retentissants "ahucs",
C’est bien là notre mazuc.
3 – Quand vous entrerez dans la cuisine,
Vous y verrez comme mobilier,
Autour d’une table fort rustique,
Des baquets et des harnais.
4 – Et sur l’arrière, enterrée,
La bonne cave,
Dans la fraîcheur et dans l’obscur,
Garde la fourme du mazuc.
5 – Et tout là-haut sous la toiture,
À côté du foin pour les petits veaux,
Chacun plié dans sa couverture,
Les hommes ferment leurs petits yeux,
6 – Quand dans la nuit souffle en glapissant,
Le vent (venu) du Cantal,
Derrière le parc, bien caché,
S’endort le troupeau du mazuc.
7 – Et le matin bien réveillés,
Dans la rosée et les pieds nus,
Avec la gerle et le seau ferré,
S’en vont les hommes du mazuc.
8 – Quand les veaux ont fait un brin de tétée,
Chaque tétine sur le seau,
Donne une belle fontaine de lait,
9 – Quand, à la fin d’un repas (goûter paysan ou champêtre),
Vous goûterez la fourme d’Aubrac,
Vous penserez que, matin et soir,
Les buronniers ont trimé,
10 – Pour vous donner comme dessert,
Le bon fromage,
Et vous crierez, dans un ahuc,
Vive les hommes du mazuc !
11 – Vive tous les buronniers
Qui font la fourme et l’encalat,
Vive les pâtres des devèzes
Au milieu de leur troupeau doré.
12 – Vive les rouls et les bédéliers,
De la montagne.
Et que toujours sur chaque truc,
Demeurent debout les mazucs.