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Paroles de

Voici lou bon an qu’a veni

Au seuil des maisons, les souhaits de bonne année se chantent et les provisions se partagent. Ce chant de quête du pays de Montbéliard garde les mots du patois et la mémoire…

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Voici lou bon an qu’a veni,
Voici lou bon an qu’a veni,
Que tout lou mond’ a redjoyi,
Autant les grands que les petits.

Refrain
Due vos boutait dans unn’ bounne an-naie,
Dans unn’ bounne an-naie,
Se vos rentrai.

Ah ! beillez-nos de vos échaulons
Que sont petdedans vos mausons.

Ah ! beillez-nos de vos côtis
Que sont podus ès vos pianchiers.

Ah ! beillez-nos de vos chambons
Que sont podus à ces bautons.

Copa au là sans reguedià,
Ne poignie d’argent sans contà.

Beillez-nos de vot’ bon toutché
Qu’a dans l’airtcha a pie d’vot’ lé.

L’effenot qu’a i bré coutchi
De let main de Due sot soignie.

Due bénisse cette mauson
Tant par en mé tant par en rond.

Et lou maître de let mauson
Due li denne bouene foion.

Et lai maîtresse de cions
Due en ait grand’ compassion.

Ne nos faites pet tant demora,
Nos ans les pies tout égeolàs
Et let barbe toute gièvra.

En vos beillant bin lou bon sâ
Au père et à let mère
Et tous les ofans,
Due vos boutait dans eunn’ boune an-naie,
Dans eunn’ boune an-naie,
Se vos rentrai.

Couplet en cas de refus, donné séparément dans le recueil
Due vos denne des raittes assai,
Ne tchin, ne tchat pou les aittropai,
Point de bâton pou les tuiai.

À propos

Au seuil des maisons, les souhaits de bonne année se chantent et les provisions se partagent. Ce chant de quête du pays de Montbéliard garde les mots du patois et la mémoire des tournées d’hiver.

Histoire

Charles Beauquier publie ce chant sous le titre « La bonne année » dans ses Chansons populaires recueillies en Franche-Comté, édition de 1894, pages 187 à 189. Le catalogue de l’AEPEM rattache cette chanson de quête au pays de Montbéliard et signale une collecte antérieure à 1892. Ce repère concerne la collecte, non la création du chant.

Le texte invite les habitants à donner noix, viande, gâteau ou argent, puis bénit la maisonnée. Le refrain revient après les couplets, avant la conclusion. Beauquier ajoute un couplet de mauvaise humeur destiné aux maisons qui ne donnent rien : il est conservé ici, distinctement. Les graphies du patois sont celles du recueil ; les apostrophes et la ponctuation ont été légèrement harmonisées.

Quelques mots expliqués dans l’édition : « échaulons », noix ; « côtis », côtes de porc ; « podus », pendus ; « pianchiers », plafonds ; « chambons », jambons ; « toutché », gâteau ; « airtcha », coffre ; « bré », berceau. Beauquier déclare lui-même ne pas comprendre les derniers mots du refrain et donne une autre leçon : « Que Due vous boute eunn’ boune an-naie / Moillou que c’te qu’a passaie. » Nous conservons la leçon chantée sans lui inventer de traduction.

Sources : Beauquier, édition originale numérisée, p. 187–189 ; AEPEM, notice BeauquierM1899-002, renvoi à l’édition de 1894. Transcription du texte ancien uniquement ; aucune partition ni aucun enregistrement contemporain reproduit.

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