D’auteur anonyme, la Sonnerie d’Île-de-France appartient au répertoire des chants militaires royalistes et catholiques qui ont émaillé l’histoire de France depuis la Révolution. Le titre de « sonnerie » renvoie à un air de clairon ou de trompette, forme musicale traditionnellement associée aux armées, ici adaptée pour porter un message politique et spirituel.
Les paroles invoquent explicitement la lutte contre « les fils de la révolution » et la fidélité « au roy » — orthographe archaïque délibérément choisie pour affirmer l’attachement à la monarchie d’Ancien Régime. Ce vocabulaire situe le chant dans la longue tradition des chants blancs, ces hymnes qui accompagnèrent les partisans de la cause royale, des guerres de Vendée aux mouvements légitimistes du XIXe siècle.
La figure des « Gardes blancs de la Nation » constitue le cœur symbolique du chant. Le blanc, couleur des Bourbons et des armées royales, s’oppose au bleu républicain : se réclamer des « Gardes blancs » revient à défendre une France monarchique, catholique et chevaleresque. L’association du « Croix et lys » ancre le chant dans la double fidélité au roi et à l’Église, propre aux courants légitimistes et contre-révolutionnaires.
Rattaché à l’Île-de-France par son titre, ce chant témoigne de l’enracinement du sentiment royaliste au cœur même du territoire national. Sa transmission orale, sans auteur identifié, est caractéristique des nombreux chants de combat ou de résistance perpétués au fil des générations au sein de cercles militants ou confessionnels.