Feuille n° 2766 Paroles, partition, histoire et enregistrements
La biche aux abois
Des couplets de déclaration amoureuse entourent un passage consacré à une biche poursuivie et aux appels du chasseur. Le texte fait alterner la voix du soupirant et les invitations adressées aux piqueurs.
Vènerie
La biche aux abois
Ah ! si j’avais des diamants et couronnes,
Je les mettrais à tes pieds, pour avoir
Un doux regard, trop aimable personne,
Plein de ce feu que lance ton œil noir.
Ô, toi que j’aime, d’amour extrême,
Daigne accepter et ma main et mon cœur.
Dans cette vie, ma douce amie,
Toi seule pourrais me donner le bonheur.
Entends-tu, là-bas, la biche dans les bois ?
Le chasseur la chasse, mais ne la tue pas.
N’entends-tu pas, dans ces vallons,
Le chasseur sonner du clairon ? (bis)
Sonnez à perdre haleine,
Sonnez vaillants piqueurs !
Que l’écho de la plaine répète
Nos chants joyeux et clameurs ! (bis)Tra lala la lala…
Ah ! si j’osais, sur tes lèvres, mignonne,
Prendre un baiser, le refuserais-tu ?
Tu ne dis rien, mais si parler, tu n’oses,
J’en suis heureux, tes yeux m’ont répondu.
Version la plus répandue. Des variantes existent selon les régions et les époques.
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Par Auteur ANONYME
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Franck Ledey - La Biche Aux Abois
D’où vient ce chant
Des couplets de déclaration amoureuse entourent un passage consacré à une biche poursuivie et aux appels du chasseur. Le texte fait alterner la voix du soupirant et les invitations adressées aux piqueurs.
Histoire
« La biche aux abois » appartient au répertoire des romances galantes anonymes qui circulèrent en France au XIXe siècle, sous forme de feuilles volantes et de petits recueils de chansons populaires diffusés dans les salons et les bals. Son auteur n’ayant pas été identifié, elle témoigne de la transmission collective qui caractérise ce pan du patrimoine chansonnier français.
La chanson s’inscrit dans une longue tradition poétique où la chasse à courre sert d’allégorie à la conquête amoureuse, héritée de la poésie lyrique française depuis la Renaissance. La « biche aux abois » — terme vénatorial désignant la biche acculée par les chiens — y incarne la bien-aimée courtisée : le chasseur « ne la tue pas », suggérant une poursuite galante et respectueuse plutôt qu’une possession brutale.
Structurellement, le chant alterne des couplets lyriques — où le soupirant exprime son amour avec des images précieuses (diamants, couronnes, regard noir) — et un refrain vif convoquant les cors et les « vaillants piqueurs ». Ce contraste entre l’intimité romantique des couplets et l’élan collectif de la vénerie contribue à l’attrait du chant dans les réunions conviviales.
Encore présente dans les recueils de chants traditionnels et dans certains répertoires de chorales populaires, « La biche aux abois » séduit par sa mélodie entraînante et ses paroles accessibles, fidèles à l’esprit des fêtes champêtres du patrimoine chansonnier français.