1 – Dès l’matin, on prend la hotte
Et tous les houquiots;
Les saciots et puis les guêtres
Et nos gros sabots;
Et puis on va boir’ la goutte,
A pein’ pour six liards;
Ça nous fait casser un’ croûte,
Ça chass’ le brouillard, (bis)
2 – A midi, chacun apporte
Un’ brassé’ d’courtiaux,
On fait du feu entr’ deux mottes,
Et on a bien chaud.
On entam’ la politique;
N’y a pas d’avocat
Ni d’notair’ qui nous explique
Mieux les lois de l’Etat. (bis)
3 – Le soir, en rentrant des vignes,
S’il n’est pas trop tard,
Nous voyons, au dessus d’la ville,
Un épais brouillard.
C’est la fumée d’nos cambuses,
L’feu y est allumé;
Et nos ménagèr’ s’amusent
A fair’ notr’ souper. (bis)
4 – Dieu ! Quel souper délectable !
D’la bonn’ soupe aux pois,
Des pomm’ de terr’ sur la table,
On se lèch’ les doigts.
Du vin dans un’ grande cruche,
Et qui est bien bouchée;
Des échalas comme bûches
Pour nous réchauffer. (bis)
5 – Grand Dieu ! Quel métier d’galère,
Que d’êtr’ vigneron !
Toujours à gratter la terre,
En toute saison !
J’aurais d’l’argent plein un’ tonne,
Bien plus qu’un baron,
Qu’on n’dirait pas : » C’est un homme ! »
Mais : » Un vigneron! » (bis)












