Paroles de

Dans les prisons de Nantes

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Dans les prisons de Nantes

Écouter sur :

1 – Dans les prisons de Nantes,
Lang dililang landi landi landilililang
Dans les prisons de Nantes,
Y avait un prisonnier (bis)

2 – Personne ne vint le « vouère »
Lang dililang landi landi landilililang
Personne ne vint le « vouère »
Que la fille du geôlier. (bis)

3 – Un jour, il lui demande…
Et que dit-on de « moué » ?

4 – On dit de vous en ville
Que vous serez pendu.

(Variante : On dit de vous en ville
Que demain vous mourrez)

5 – Mais s’il faut qu’on me pende
Déliez-moi les pieds !

6 – La fille était jeunette
Les pieds lui a délié.

7 – Le prisonnier alerte
Dans la Loire s’est jeté.

(Variante : Le prisonnier alerte
Dans la Loire a sauté)

8 – A la première plonge
Il manque de se noyer

9 – A la deuxième plonge
La Loire a traversée

10 – Dès qu’il fût sur l’aut’ rive
Il se mit à chanter

11 – Je chante pour les belles
Surtout celle du geôlier.

12 – Si je reviens à Nantes
Oui je l’épouserai !

13 – Dans les prisons de Nantes
Y avait un prisonnier.

À propos

« Dans les prisons de Nantes » est une ballade de tradition orale française, sans auteur identifié, du genre des chansons de captif. Elle narre l’évasion d’un prisonnier nantais aidé par la fille du geôlier, qui plonge dans la Loire pour retrouver sa liberté. Son refrain nonsensique et ses couplets répétés en font un témoin caractéristique du répertoire populaire du pays nantais.

Histoire

« Dans les prisons de Nantes » appartient à la famille des chansons de captif, un genre narratif présent dans toute l’Europe depuis le Moyen Âge : un prisonnier condamné à mort doit son salut à une figure féminine, ici la fille du geôlier. Si le schéma est universel, la version française ancre résolument le récit dans la géographie de la Loire, faisant du fleuve une frontière symbolique entre captivité et liberté retrouvée.

Transmise par voie orale, la chanson ne possède pas d’auteur connu. Son refrain en syllabes nonsensiques — « Lang dililang landi landi landilililang » — est typique du répertoire oral populaire : ces formules facilitaient la mémorisation et invitaient au chant collectif avant même que l’auditoire ne connût l’ensemble des couplets. Plusieurs variantes coexistent, notamment sur le sort ultime du prisonnier dans les derniers vers.

Le XIXe siècle marque le tournant de la collecte systématique. Le mouvement romantique encourage folkloristes et érudits à consigner les chants populaires menacés de disparition, et « Dans les prisons de Nantes » figure parmi les pièces relevées dans les compilations régionales et nationales de cette période. Elle est alors associée au patrimoine oral des pays de la Loire et du bocage environnant.

Au XXe siècle, le renouveau du chant traditionnel des années 1960-1970 lui offre une nouvelle audience. Des chanteurs et groupes de tradition orale la réintroduisent sur scène, contribuant à stabiliser la mélodie et les paroles en treize couplets. Elle reste aujourd’hui chantée dans les cercles de chant traditionnel, les mouvements de jeunesse et les chorales attachées au répertoire populaire français.

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