Paroles de

Marche, tire, pousse…

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(a) Ah ! Marche, tire, souffle,
pousse, pauvre gars routier!
(b) Marche gaiement sur la grand’route,
Dans le beau soleil, la tête au vent;
(c) A l’étape, dans la paille,
Tu dormiras dans le lit des rats.

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Sur le pont du Nord

Extrait de nantes.patrimonia.fr

Une jeune fille souhaite aller danser mais sa mère s’y oppose à cause du fleuve en crue. Le frère arrive et emmène sa sœur danser. Les eaux recouvrent les ponts et emportent le frère et la sœur qui se noient.

Les chansons édifiantes ou moralisatrices ne sont pas rares dans le répertoire traditionnel mais souvent le message, aussi austère et rigoriste soit-il, n’apparait pas toujours de manière très évidente et lorsque c’est le cas, il intervient le plus souvent au dernier couplet.

Ce couplet endosse alors la responsabilité d’exprimer une morale dont la jeunesse est d’ordinaire la destinatrice. La danseuse noyée a été recueillie dans les deux modes : sans couplet moralisateur ou avec, comme dans celle recueillie par Patrick Bardoul à Sion-les-Mines (44) en 1988 qui conclut ainsi son propos : Voilà l’histoire des enfants entêtés / Qui vont au bal sans y avoir songé.

La pratique consistant à conclure un chant avec une morale sévère est particulièrement présente dans le répertoire des complaintes criminelles, dans lesquelles le dernier couplet, qui suit d’ordinaire celui consacré à l’exécution du coupable, est suivi du fameux avertissement à la jeunesse, sur le ton ordinaire et définitif de « Bien fait pour lui ! ».

 

Nantes, dans le texte

La ville de Nantes apparaît dans beaucoup de chansons-types par ses ponts. On trouve donc une certaine logique dans le fait qu’un grand nombre de versions de La danseuse noyée localisent l’action dans cette ville. D’autres optent pour une géographie plus neutre en plaçant le bal fatidique sur « le pont du Nord ». Le poids historique et urbanistique des ponts dans l’histoire de la ville offre donc un cadre idéal pour placer l’action de ce drame. Pour plus de détails sur ce point, je vous renvoie à l’ouvrage d’André Péron (voir bibliographie).

 

D’une rive à l’autre

Il s’agit d‘une de ces très nombreuses chansons dans lesquelles le pont joue un rôle essentiel. Le fait qu’il constitue le principal décor de l’action n’est pas la seule raison et n’explique pas la motivation d’un tel choix. En plus d’être des espaces de circulation, les ponts étaient autrefois des lieux de société, des lieux de vie et, par conséquent, aussi des lieux de rencontre. De fait, il est donc logique qu’ils soient aussi le théâtre de scènes de diverses natures : galante, tragique, épique, etc.

Mais outre le fait que le pont fait le lien entre deux entités géographiques, on peut également considérer qu’il symbolise le passage entre deux mondes. Selon les cas il peut s’agir du lien entre le monde des vivants et celui des morts – dans certaines traditions, le pont est remplacé par un passeur – ou comme on peut raisonnablement le penser dans le cas qui nous occupe, le passage entre deux âges de la vie : de l’enfance à l’âge adulte.

Je souscris volontiers et même ardemment à la seconde option car la chanson est très claire sur le fait que l’héroïne est très jeune, puisqu’elle sollicite l’autorisation parentale pour se rendre au bal. L’opposition parentale, même si elle prend prétexte du danger d’un fleuve en crue, apporte la dimension conflictuelle entre les personnages, conflit qui doit aboutir au drame que l’on sait, jusqu’à la morale énoncée plus haut. Celle-ci porte donc l’idée que ce sont les parents qui décident pour leurs enfants du moment où, précisément, ils ne sont plus des enfants et peuvent entrer dans l’âge adulte. La morale qui s’affiche porte donc aussi le message selon lequel la désobéissance à ce principe de base peut être très sévèrement punie. On est à la limite du châtiment divin.

 

Une leçon expéditive

On remarquera que le texte choisit la danse comme motif de la tentation et objet du conflit entre la fille et la mère, or on sait que la danse fut longtemps très sévèrement réprouvée par l’église qui l’assimilait à une pratique contre nature pour ne pas dire un tantinet diabolique. Il n’est pas nécessaire de s’attarder sur les opportunités de rencontres amoureuses qu’offrait le bal aux jeunes gens en âge de se marier ou proches de l’être pour être convaincu du fait que nombre de parents partageaient cette méfiance. En définitive, le texte semble prendre parti pour cette morale objectivement sévère car, dans tous les cas, en dépit des quelques nuances que l’on peut trouver d’une version à une autre, l’histoire se termine toujours par la mort des deux jeunes gens. Le message s’adresse aussi bien à ces derniers qu’aux parents que l’on qualifierait aujourd’hui de « permissifs ».

Toutefois, et histoire de conclure sur une note moins austère et plus optimiste, on peut aussi avoir une toute autre lecture du texte et considérer que la noyade elle-même n’est que symbolique, que la jeune fille a basculé malgré les éléments contraires à sa volonté d’un statut à un autre, profitant du contexte favorable d’un bal où les trémoussements cadencés se sont peut-être mués en ébats amoureux.

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Tri martolod (traditionnel breton)

"Tri Martolod" est une célèbre chanson traditionnelle bretonne qui évoque le thème de la mer et des marins. Le titre signifie "Trois marins" en breton, c’est d’ailleurs par un Breton marin-pêcheur (ou plusieurs) que fut créée cette chanson vers le XIXe siècle.

Les paroles de "Tri Martolod" racontent l’histoire de trois marins qui partent en mer pour de longues périodes. La chanson évoque leur vie difficile et dangereuse, ainsi que leur amour pour les femmes qu’ils ont laissées à terre. Elle célèbre également leur courage et leur détermination à affronter les éléments marins.

La chanson est devenue célèbre par l’interprétation, l’arrangement et les enregistrements faits par Alan Stivell.

"Tri Martolod" est devenue l’un des symboles de la musique traditionnelle bretonne. Elle représente l’âme de la Bretagne, avec son lien profond avec la mer et les activités maritimes qui ont façonné la culture de la région.

La chanson est souvent chantée lors de festivals, de rassemblements bretons et de concerts folkloriques. Elle incarne l’identité bretonne et l’attachement à ses racines maritimes, suscitant la fierté et l’émotion chez les Bretons et les amateurs de musique traditionnelle.

Aujourd’hui, "Tri Martolod" continue de résonner dans le cœur des Bretons et des passionnés de musique traditionnelle. Elle fut reprise par Nolwenn Leroy, qui la chante sur son album Bretonne. Cette chanson rappelle la richesse du patrimoine culturel breton et perpétue la mémoire des marins qui ont bravé les océans. La chanson est un témoignage intemporel de la vie maritime et de l’amour inaltérable pour la Bretagne.

traduction:

Trois jeunes marins, tra la la…
Trois jeunes marins s’en allant voyager
Le vent les a poussés
Jusqu’en Amérique
A côté de la pierre du moulin
Ils ont jeté l’ancre
Et dans ce moulin
Il y avait une servante
Et elle me demande
Où avons-nous fait connaissance ?
A Nantes, au marché
Nous avions choisi un anneau
L’anneau de la promesse
Et nous étions sur le point de nous marier
Nous nous marierons
Même si nous n’avons pas de biens (?)
Ma mère, vous êtes à l’aise
Vous ne savez pas qui est dans le besoin
Nous n’avons ni maison ni paille
Ni lit pour dormir la nuit
Nous n’avons ni drap ni couverture
Ni édredon sous la tête
Nous n’avons ni écuelle ni cuiller
Ni de quoi faire du pain
Nous ferons comme la perdrix
Nous dormirons sur la terre
Nous ferons comme la bécasse
Quand le soleil se lève elle va courir
Ma chanson est terminée
Celui qui sait continue

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Belackerlied

Trouvable dans « Vieilles chansons alsaciennes », François Wilhelm, p. 237-238

Collecté à Oderen en 1937.

Collecte réalisée à nouveau par Daniel Muringer pour OLCA (Office pour la langue et les cultures d’Alsace), site Sàmmle

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