Les chansons à boire constituent l’un des piliers du répertoire populaire français, attestées dans les cabarets, guinguettes et caves de dégustation depuis au moins le XVIIe siècle. « Buvons et chantons » s’inscrit pleinement dans cette tradition conviviale : son refrain répété, sa structure en couplets scandés et son appel collectif (« Ohé ! Aux verres ! ») révèlent une pièce conçue pour être reprise en chœur, autour d’une table ou à la suite d’un repas de fête.
La chanson célèbre avant tout la fête des vendanges, moment fort du calendrier agricole français où la communauté viticole se retrouvait après la récolte pour partager le fruit de son labeur. L’évocation de la vigne, des treilles et des « ancêtres vignerons » ancre le texte dans une culture rurale profondément enracinée, tandis que l’expression « bon vin de France » lui confère une portée nationale plutôt que régionale.
Transmise de manière anonyme, elle appartient au vaste corpus de chansons de table et de cercle que les chansonniers des XIXe et XXe siècles ont contribué à fixer par écrit et à diffuser dans les recueils collectifs. Ce genre festif, à la fois populaire et fédérateur, a traversé les générations grâce à la tradition orale avant d’être consigné dans les songbooks et recueils de chants communautaires destinés aux chorales, patronages et associations.
Aujourd’hui, « Buvons et chantons » reste vivante dans les chorales amateurs, les groupes de chant traditionnel et lors des fêtes vitivinicoles, remplissant toujours sa fonction première : rassembler les convives et célébrer ensemble le plaisir du vin et du chant collectif.