Les chants mimés forment une catégorie à part dans la chanson enfantine française : fondés sur la répétition et l’imitation corporelle, ils servent avant tout d’outil pédagogique et d’animation collective. « Petit lapin plein de poils » appartient pleinement à cet ensemble, où le geste accompagne le mot et où l’enfant est acteur autant qu’auditeur.
La construction du chant repose sur une formule-cadre répétée — « par devant, par derrière, par dessus, par dessous » — qui décrit le pelage du lapin sous toutes ses faces. Cette architecture symétrique, à la fois simple et mémorisable, est typique des comptines à accumulation du répertoire oral francophone. L’originalité de la pièce tient à son invitation explicite à l’improvisation : après le couplet initial, le meneur peut enchaîner en faisant du lapin un animal « plein de taches », « plein de dents » ou « plein de boutons », rendant la chanson extensible à l’infini.
Sans auteur identifié ni date de première attestation documentée, le chant relève de la tradition orale collective. Ce mode de transmission, commun à de nombreuses comptines françaises, explique l’existence de variantes selon les groupes et les régions : chaque animateur, instituteur ou chef scout a pu y glisser ses propres strophes au fil du temps, enrichissant un fond commun sans jamais le figer.
Aujourd’hui, « Petit lapin plein de poils » reste présent dans les animations enfantines, les kermesses et les veillées. Sa souplesse structurelle en fait un outil d’animation recherché : il n’exige aucun accompagnement musical sophistiqué et s’adapte à tous les âges dès la petite enfance.