Paroles de

La Provençale

Paroles de

La Provençale

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Oh ! qu’il est doux de te revoir
Pays charmant, belle Provence
C’est dans ton sein qu’est fixé mon espoir
En finissant mon Tour de France.
bis A mon retour
bis Dans ton séjour
Pourrai-je voir 1’objet de mon amour
bis Jour sans orage
Ciel sans nuage
Pour vous revoir, je termine mon Tour

Sylvains, cessez vos bals tumultueux
Et vous aussi, Nymphes et Dryades,
O vous, échos, soyez silencieux,
Ruisseaux, Suspendez vos cascades:
bis Car les oiseaux
bis Sur les coteaux
Chantent d’accord les airs les plus nouveaux
bis Vertes montagnes
Fraîches campagnes
De vous revoir sont mes jours les plus beaux

Pour éviter les ardeurs du soleil
Reposons-nous sous cette treille,
Là, de Bacchus, le nectar sans pareil,
Réjouit ma face vermeille,
bis A chaque instant
bis Au loin j’entends
La Provençale dire à son amant :
bis « Dans ces contrées
« Tant renommnées
« Nous jouissons d’un éternel printemps »

Mais au lointain j’aperçois Saint-Pilon
La forêt et le presbytère,
L’astre du jour chasse de ce vallon.
Le froid dans un autre hémisphère
bis Dans ce désert
bis Jamais I’hiver
N’a pu flétrir le gazon toujours vert
bis Sous le feuillage
Un pur ombrage
De l’homme peut dissiper tout revers

Si le sort vous guide dans mon pays
Venez me voir dans ma chaumière
Jusqu’ au tombeau je serai votre ami,
Votre soutien et votre frère
bis Car mon espoir
bis Est de vous voir
Si cependant tel est votre vouloir
bis Jamais la table
De l’Estimable
Sera fermée aux enfants du Devoir.

À propos

La Provençale est un chant de compagnonnage anonyme qui célèbre le retour en Provence d’un artisan au terme de son Tour de France. Ce chant du Devoir exprime la nostalgie du pays natal et la fierté d’appartenir aux Enfants du Devoir.

L’évocation du Saint-Pilon, pic emblématique du massif de la Sainte-Baume (Var), ancre ce texte dans la géographie provençale.

Histoire

Le Tour de France des compagnons est une institution fondatrice de l’artisanat français : les jeunes artisans parcouraient les villes du royaume pour parfaire leur métier auprès de maîtres locaux. Attestée dès le Moyen Âge et codifiée aux XVIIe et XVIIIe siècles, cette pratique a engendré un riche répertoire de chants d’adieu, d’accueil et de nostalgie, interprétés lors des conduites et des banquets de cayenne.

La Provençale s’inscrit dans ce répertoire avec les traits distinctifs du genre. Le narrateur, compagnon sur le point d’achever son Tour, célèbre les paysages et l’amour qui l’attendent en Provence. La mention explicite des « enfants du Devoir » — désignation des compagnons affiliés à la confrérie du Devoir, l’une des grandes familles du compagnonnage français — et de « la table de l’Estimable », allusion à la cayenne tenue par leur hôtesse, ancrent sans ambiguïté ce chant dans le milieu compagnonnique.

La référence à Saint-Pilon, point culminant du massif de la Sainte-Baume (994 m, Var), surmonté d’une chapelle dédiée à Marie-Madeleine, donne au texte une précision géographique qui suggère un auteur intimement familier de la haute Provence varoise.

Le mélange de figures mythologiques — Sylvains, Nymphes, Dryades, Bacchus — et de chaleur populaire est caractéristique de la poésie compagnonnique du XIXe siècle, qui habillait les émotions du Tour d’un vocabulaire classique hérité de l’Antiquité.

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