« Une puce, un pou » appartient au vaste corpus des comptines de la tradition orale française, transmises de génération en génération sans auteur ni date de composition identifiables. Comme nombre de chansons enfantines de ce type, elle a circulé dans les écoles, les familles et les cours de récréation bien avant d’être consignée dans des recueils imprimés de folklore enfantin.
La chanson déroule en six couplets une micro-intrigue judiciaire sur le mode burlesque : après une partie de cartes qui tourne mal, la puce perdante tord le cou du pou, avant d’être arrêtée par la police, jugée par un scarabée, emprisonnée par un hérisson et pendue par une tortue. Ce schéma narratif — crime, arrestation, procès, peine — traite avec humour des thèmes de la justice et de la punition, les rendant accessibles aux très jeunes enfants.
Le trait stylistique le plus distinctif de la comptine est l’usage de répétitions syllabiques finales : « pou-pou-pou », « mion-mion-mion », « là-là-là », « bée-bée-bée », « tue-tue-tue ». Ce procédé, typique des comptines de la tradition orale, remplit une double fonction : jeu phonique qui amuse et aide mnémotechnique qui facilite la mémorisation, deux qualités essentielles pour des chansons destinées aux enfants en bas âge.
Les personnages animaliers dotés de fonctions sociales humaines — scarabée juge, hérisson geôlier, tortue bourreau — s’inscrivent dans une longue tradition folklorique bien attestée en France et dans toute l’Europe. Ces figures anthropomorphisées permettent d’aborder avec légèreté des thèmes potentiellement sombres comme la violence et la mort, rendant la chanson à la fois amusante et portée de sens pour les plus jeunes.