Le Kyrie eleison (du grec κύριε ἐλέησον, « Seigneur, aie pitié ») est attesté dans la liturgie chrétienne dès le IVe siècle, notamment dans les Constitutions apostoliques (vers 380) et dans le journal de pèlerinage d’Égérie, pèlerine du IVe siècle qui décrit son usage lors des offices à Jérusalem. La formule s’inscrit dans une tradition d’invocations répétées héritée des psaumes hébraïques.
Introduit dans la messe romaine sous le pontificat de saint Grégoire le Grand (590–604), le Kyrie y prit sa forme canonique en neuf invocations : trois « Kyrie », trois « Christe » et trois « Kyrie ». Au fil des siècles, de nombreux compositeurs — de Palestrina à Mozart — ont mis en musique cet appel, en faisant l’une des pièces les plus représentées du répertoire sacré occidental.
La version française « Seigneur, prends pitié / Ô Christ, prends pitié / Seigneur, prends pitié » s’est généralisée après le concile Vatican II (1962–1965) et la constitution liturgique Sacrosanctum Concilium (1963), qui autorisait le recours aux langues vernaculaires dans la célébration de la messe. Dès 1969, le Missel romain en français consacra cette traduction, la rendant familière à des générations de fidèles francophones.
Aujourd’hui, ce chant figure dans la quasi-totalité des recueils liturgiques catholiques francophones. Sa brièveté et sa structure tripartite en font une pièce accessible à toutes les assemblées, chantée a cappella, à l’orgue ou à la guitare. Il demeure l’un des chants de la messe ordinaire les plus fréquemment pratiqués en France.