Paroles de

Quand Dieu naquit à Noël (2)

Paroles de

Quand Dieu naquit à Noël (2)

Écouter sur :

11 – Plaise à ce divin enfant
Nous faire la grâce,
Dans son séjour triomphant
D’avoir une place;
Si nous y sommes jamais,
Nous goûterons une paix
De lon, lon, lon, lon,
De gue, gue, gue, gue,
De lon, lon, de gue, gue,
De longue durée,
Dans cette empirée.

1 – Quand Dieu naquit a Noël
Dedans la Judée,
On vit ce jour solennel
De joie inondé ;
Il n’était petit ni grand,
Qui n’apportât son présent
Et n’o, n’o, n’o, n’o,
Et n’offrit, frit, frit,
Et n’o, n’o, et n’offrit,
Et n’offrit sans cesse
Toute sa richesse.

2 – L’un apportait un agneau
Avec un grand zèle,
L’autre un peu de lait nouveau
Dedans une écuelle ;
Tel, sous de pauvres habits
Cachait un peu de pain bis,
Pour la, la, la, la,
Pour la sain, sain, sain,
Pour la la, pour la sain,
Pour la sainte Vierge
Et Joseph Concierge.

3 – Ce bon père putatif
De Jésus mon maître,
Que le pasteur plus chétif
Désirait connaître;
D’un air obligeant et doux
Recevait les dons de tous,
Sans cé, cé, cé, cé,
Sans céré, ré, ré,
Sans cé, cé, sans céré,
Sans cérémonie
Pour le fruit de vie.

4 – Allons, bergers, partons tous
L’ange nous appelle;
Un sauveur et né pour nous,
L’heureuse nouvelle!
Une étable et le séjour
Qu’a choisi ce Dieu d’amour;
Courons au zau, zau, zau
Courons plus, plus, plus,
Courons au, courons plus,
Courons au plus vite,
A ce pauvre gîte.

5 – De nos plus charmants concerts
Que tout retentisse,
Le ciel à nos maux divers
Est enfin propice ;
Accordons en ce grand jour
Le fifre avec le tambour;
Timbale et let, let
Timba tom, trom, trom,
Timbale et, timba trom,
Timbale et trompette
Pour lui faire fête.

6 – Satan au fond des enfers,
Brûlant dans les flammes,
Voudrait dans les mêmes fers
Enchaîner nos âmes ;
Ne craignons plus ces combats,
Tout son pouvoir est à bas,
Malgré sa, sa, sa,
Malgré fu, fu, fu,
Malgré sa, malgré fu,
Malgré sa furie,
Dieu nous rend la vie.

7 – Quel présent faut-il porter
A ce roi des anges?
Robin pour l’emmailloter
Offrira des langes,
Gros Guillot un agnelet
Moi je porte avec du lait
Le plus beau, beau, beau,
Le plus fro, fro, fro,
Le plus beau, le plus fro,
Le plus beau fromage,
Lui en fais hommage.

8 – Mais pour bien faire la cour
A ce nouveau maître
Notre zèle et notre amour
Doit surtout paraître;
Que chacun offre son cœur
Tout brûlant de cette ardeur
C’est la sain, sain, sain,
C’est la te, te, te,
C’est la sain, c’est la te,
C’est la sainte offrande,
Que Jésus demande.

9 – Il ne fut pas jusqu’aux rois
Du rivage maure,
Qui joints au nombre de trois
Ne vinssent encore ;
Ces bons princes d’Orient
Offrirent en le priant
L’en, l’en, l’en, l’en, l’en,
L’encens, cens, cens, cens,
L’en, l’en, l’en, l’encens, cens,
L’encens et la myrrhe,
Et l’or qu’on admire.

10 – Quoiqu’il n’en eût pas besoin,
Jésus notre Maître
Il en prit avecque soin,
Pour faire connaître
Qu’il avait les qualités
Par ces dons représentés,
D’un vrai, vrai, vrai, vrai,
D’un roi, roi, roi, roi,
D’un vrai, vrai, d’un roi, roi,
D’un vrai roi de gloire,
En qui l’on doit croire.

À propos

1650. Paroles du poète François Colletet sur une mélodie plus ancienne.

Très populaire aux Antilles.

Une courte émission sur ce chant

Sont les fill’s de La Rochelle

Chanson de gaillard d’avant du temps des corsaires (début du XVIIIe siècle).

Connue sous le titre Le merveilleux navire, cette chanson monorime ("an") qu’il faudrait écrire en regroupant les paires de vers se retrouve sous près de 80 variantes; elle est notamment mentionnée par Gérard de Nerval (1808-1855).

En voici une des meilleures versions :

Sont les filles de La Rochelle qu’ont armé un bâtiment
Pour aller faire la course aux échelles du Levant.

La grande vergue est en ivoire, les poulies en diamant,
La grand’voile est en dentelle, la misaine en satin blanc;

Les cordages du navire, sont des fils d’or et d’argent
Et la coque est en bois rouge travaillé fort proprement

L’équipage du navire, c’est tout filles de quinze ans.
[Les gabiers de la grande hune n’ont pas plus de dix-huit ans !]
Le cap’taine qui les commande est le roi des bons enfants

Hier faisant sa promenade dessus le gaillard d’avant
Aperçut une brunette qui pleurait dans les haubans

Qu’avez-vous, jeune brunette, qu’avez-vous z’à pleurer tant ?
Z’avez vous perdu père et mère ou quelqu’un de vos parents ?

J’ai perdu mon avantage qui s’en fut la voile au vent,
Il est parti vent arrière, reviendra-z-en louvoyant.

Cette chanson, comme beaucoup d’autres se retrouve sur toute la côte ouest de la France et a été "exportée" au Canada.

Si les choses sont dites clairement dans le dernier couplet de la version actuelle, d’autres versions parlent, non pas du pucelage, mais d’une rose blanche ou bien comme ici, d’un "avantage" perdu.

Fort heureusement, l’"avantage" perdu est parfois traité avec humour comme dans un chanson de la région nantaise qui est à l’origine de Sur les bords de Loire.

Je pleure mon avantage que vous m’avez volé
Que vous m’avez volé sur les bords de Loire
Que vous m’avez volé sur les bords du ruisseau
Tout près du vaisseau, charmant matelot.
"Ne pleurez pas, la belle, je vous le rendrai".
"Ça ne se rend pas, dit-elle, comme de l’argent prêté".

On retrouve ce thème dans d’autres chansons de marins, et en particulier dans Sur les bords de la Loire et La Frégate "La Danaé".

Dans un autre style, il y est également fait allusion dans Les Filles de Camaret.

D’après Aux sources des chansons populaires de Martine David et Anne-Marie Delrieu.

Dans Chants et chansons populaires vol.2 d’Achille Milien, 1908, on trouve une variante:

1 – Ce sont les filles de la Rochelle
Qui veul’ apprendr’ à naviguer.
Ell’ veul’ apprendr’ le pilotage,
Comm’ si c’était de leur métier.

2 – La plus jeune dit à l’aînée :
"Ma sœur, nous faudrait des amants,
Qui sauraient conduire notre barque,
Qui connaîtraient les airs du temps."

3 – L’aînée répond à la plus jeune :
"Nous n’avons pas besoin d’amants.
Car notre barque est trop fragile,
Est trop fragile par avant."

4 – La belle avait tendu ses voiles
Dessous le pavillon flamand;
La bell’ s’en fut y mouiller l’ancre
Dessus la mer des bons enfants.

5 – Mais quand l’ancre fut mouillée,
La belle se prit à pleurer.
"Qu’avez-vous, qu’avez-vous, la belle,
Qu’avez-vous donc à tant pleurer ?"

6 – "J’ai beau pleurer, verser des larmes;
Mon cœur volag’, je ne l’ai plus.
J’ai perdu ma carte marine,
Et mon compas ne marque plus."

7 – Derrièr’ les murs de la Rochelle,
A l’enseign’ du Pavillon blanc,
Y a la mère et les trois filles
Qui verse à boire aux bons enfants.

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Je cherche fortune (paillard)

Je cherche fortune, tel que nous le chantons, est manifestement un assemblage de trois chansons différentes: les couplets d’une part, l’interlude d’autre part et pour terminer le refrain; en effet seuls quatre vers (Je cherche fortune…) sont empruntés à la chanson Le Chat Noir d’Aristide Bruant (1884); dans celle-ci ils sont répétés deux fois.

A l’époque, le "Caveau du Chat Noir", premier cabaret de Pigalle, situé au pied de la butte Montmartre dans le 18ème arrondissement de Paris, était une sorte d’académie : on y récitait du Jean Richepin, de l’Haraucourt, du Rollinat etc., Des aristos, de grands bourgeois y croisaient des "horizontales", Hugo, Aristide Bruant, Boris Vian, Gréco, Patachou, Michel Simon, Gainsbourg… de grands noms vinrent y boire de l’absinthe, réciter des poésies ou chanter leurs compositions. Le théâtre d’ombres y a été créé, qui devait assurer sa fortune ; on y jouait des pièces. C’était le berceau et la rampe de lancement de presque tous ces artistes de grande renommée.

L’air chanté actuellement n’a, à l’exception du refrain, rien à voir avec celui du Chat Noir. Pour celui-ci, Bruant a emprunté la mélodie à l’hymne Occitan Aquelas Montanhas, mieux connu sous le titre Se canta. De 3 temps il l’a adapté en 4 temps.

En voici deux interprétations.

La première, en occitan normalisé.

La seconde est interprétée par Andre Dassary originaire de Biarritz en pays basque qui la chante en occitan de Biarritz.

Ci-après le texte, dans sa version normalisée, celle de Biarritz, ainsi que sa traduction en français.

Occitan normalisé

Repic :

Se canta, que cante !

Canta pas per ieu,

Canta per ma mia

Qu’es al luènh de ieu.

1. Dejós ma fenèstra

I a un aucelon

Tota la nuèch canta

Canta sa cançon.

2. Aquelas montanhas

Que tan nautas son

M’enpàchan de veire

Mas amors ont son

3. Baissatz-vos montanhas !

Planas levatz-vos !

Per que pòsqu veire

Mas amors ont son.

4. Aquelas montanhas

Tan s’abaissaràn

E mas amoretas

Se raprocharàn.

Occitan de Biarritz

Repic :

Se canto, que canto

Canto pas per yo

Canto per ma mio

Qu´es al lent de you

1. Devath ma finèstro

Ya un auselon

Touto la noeit canto

Canto sa canson

2. Aqueros montagnos

Qué tan aoutos sount,

M´empatchon de bésé

Mas amous oun sount.

3. Baïssas bous mountagnos

Planos aoussas bous!

Perque posqui bésé

Mas amous oun sount.

4. Aqueros montanhos

Tan s’abaicharàn

E mas amuretos

Que raprucharàn

Français

Refrain :

S’il chante, que chante-t’il ?

Il ne chante pas pour moi

Il chante pour ma mie

Qui est loin de moi.

1. Sous ma fenêtre

Il y a un oiselet

Toute la nuit il chante,

Chante sa chanson.

2. Ces montagnes

Qui sont si hautes,

M’empêchent de voir

Où sont mes amours.

3. Baissez-vous, montagnes,

Plaines, dressez-vous,

Pour que je puisse voir

Où sont mes amours.

4. Ces montagnes

S’abaisseront bientôt,

Et mes amours

Se rapprocheront.

Ce chant est attribué à Gaston Phébus (1331-1391); il n’y a pas d’usage réglementé en tant qu’hymne. On le chante souvent à l’occasion de matchs de rugby et il a été utilisé quasi officiellement lors des Jeux Olympiques de 2006 à Turin pour montrer un attachement à l’Occitanie.

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