Le texte de Petite fleur repose sur une métaphore ancienne de la poésie populaire : la fleur enfermée dans sa « prison cachée », courbée sur sa tige, devient le miroir du narrateur séparé de son pays natal et de ceux qu’il aime. Cette identification entre le végétal fragile et l’être humain éloigné de ses racines est un procédé récurrent dans les chansons d’exil et de séparation du répertoire oral français.
L’anonymat du chant et l’absence de datation précise le rattachent à la vaste famille des pièces de tradition orale. De telles compositions circulaient aux XVIIIe et XIXe siècles sous forme de feuilles volantes ou dans des recueils populaires, avant d’être recueillies par les collecteurs qui s’employèrent à préserver ce patrimoine en voie de disparition.
La montagne évoquée comme lieu d’origine — là où le narrateur a laissé « son amant et son cœur » — rattache ce chant aux répertoires de séparation liés à l’exil économique, militaire ou migratoire qui marquèrent profondément les campagnes françaises du XIXe siècle. La clôture du texte sur la « bonté de Dieu » inscrit l’espérance du retour dans une spiritualité populaire rurale caractéristique de cette tradition.
Le ton intime de Petite fleur, oscillant entre regret du pays perdu et confiance religieuse, lui confère une universalité qui explique sa persistance dans les mémoires et les répertoires des cercles de chant attachés aux traditions francophones.