Le navire du forban

Paroles de Théodore Botrel (Dinan 1868 – Pont Aven 1925); musique d’ Emile Feautrier, natif de la Roche Bernard, collaborateur fréquent de Botrel et auteur en particulier de la musique de « La Paimpolaise ».

Il est de bon ton de dénigrer Théodore Botrel. On lui reproche facilement de n’avoir écrit qu’en français et non pas en Breton, ce qui est parfaitement injuste puisque natif de Dinan, il n’a jamais été bretonnant! Par contre, qu’il ait décrit une Bretagne de carton-pâte quelque peu larmoyante est tout à fait probable. Qu’il ait écrit beaucoup trop de couplets patriotiques durant le Grande Guerre est indéniable pour nombre de bretons sourcilleux.

Voici, avec Le Navire du Forban, un aspect peu connu de notre barde, qui montre qu’il savait être facétieux, voire osé puisque, pour l’époque, quelques vers auraient pu déplaire à Anastasie… Ce chant a été publié en 1898 dans le recueil « Chansons de chez nous ».

La Paimpolaise

Parmi tous les airs associés à la ville, il en est un qui traverse les décennies : La Paimpolaise, de Théodore Botrel.

Elle est née d’un hasard, en 1895. Un chansonnier du cabaret le Chien noir, à Paris, est malade. On propose à l’inconnu dinannais de le remplacer.

En quelques heures (comme il l’indique dans ses Souvenirs d’un barde errant), il se compose « un programme nouveau ».

Parmi ces airs neufs, la Paimpolaise… qui ne soulève pas les foules. Jusqu’à ce que s’en empare Félix Mayol, un an plus tard.

La carrière de l’élégant amateur de chansons grivoises est lancée, la chanson aussi. « Évidemment, à l’époque, il n’y a pas de hit-parade, précise Pierre Tronchon. Dans les rues, des joueurs d’accordéons vendent pour trois sous des feuillets avec les paroles de chansons que l’on appelle « petits formats ». On sait que les ventes de La Paimpolaise ont explosé. »

Paimpol la commerçante, la ville des armateurs, est à l’époque plus petite que ses voisines Plourivo, Kerfot ou Kérity, plus ouvrières et agricoles. Connue pour être un des plus grands ports morutiers et de construction de goélettes de Bretagne, la petite ville en devient bientôt un emblème de toute la région, grâce à la chanson.

Pourtant, à l’époque de son écriture, Théodore Botrel n’a jamais mis les pieds à Paimpol… Pire encore, la fameuse « falaise » chantée par toute la France… n’existe pas tout à fait. Elle pourrait correspondre au surplomb sur la mer depuis Pors-Even, où à une maison de passe de Paimpol, où plus simplement à rien, sinon la rime…

En réalité, Théodore Botrel s’est inspiré du roman de Pierre Loti, pêcheur d’Islande, qu’il vient de dévorer. L’histoire d’amour entre la jeune Gaud et Yann le pêcheur se transpose dans la chanson : Un marin parti vers l’Islande, qui pense à sa belle Paimpolaise… jusqu’à périr en mer. Au départ composée sur un rythme de chasse, la musique (d’Eugène Feautrier) est ralentie au fil des ans, pour en devenir plus mélancolique, quelques couplets sont réécrits.

Théodore Botrel ne viendra qu’en 1896 à Paimpol, puis l’année suivante, chanter pour le pardon des Islandais. La chanson, par la voix de Mayol, poursuit sa carrière. Au fil des décennies, les adaptations se multiplient : La Lannionnaise, La Brestoise, la petite Liégoise (en Belgique)… 300 chansons fleurissent.

La Paimpolaise devient « la Marseillaise des Bretons », au grand dam de certains, comme l’écrivain Xavier Grall, qui y voit « l’image d’une Bretagne mièvre, sentimentale, morveuse, pitoyable ». Théodore Botrel devient « le Breton de Paris », l’homme de salons de la capitale, déraciné, colporteur de clichés.

Pierre Tronchon rétablit l’équilibre : « Certes, la chanson finit par générer des publicités, se retrouve sur des cartes postales, cahiers d’écoliers, évoquant une Bretagne fantasmée, un peu « cliché ». Mais Théodore Botrel est aussi celui qui écrit par exemple la chanson sur les petits « graviers ». Il est le seul à décrire la vie terrible des jeunes mousses de l’époque. »

Dans la chanson, il évoque le sort terrible fait aux enfants de 12 ans, enrôlés sur les bateaux, qui travaillent 20 heures par jour, loin de chez eux ; des mois durant, saoûlés d’alcool et roués de coups. « Cela, les autres chanteurs n’en parlent pas. Lui, si », insiste Pierre Tronchon.

De Botrel lui-même, puis Mayol, jusqu’à… l’animatrice de télévision Dorothée dans les années 90, la chanson a continué durant tout le siècle de porter avec elle son lot d’imaginaire sur la ville. Aujourd’hui encore, l’office du tourisme reçoit régulièrement des touristes venus leur demander « Où se trouve la falaise de la chanson ? »

Allez les marins

L’auteur compositeur de "Allez les marins" est Freddie Breizirland.

 

Les trois caps

Paroles : Michel Tonnerre

Musique : Yannick Ar Bleiz

Naissance 30 juin 1949 Quimperlé

Décès 3 juillet 2012 Lorient

Genre musical : chants de marins

Michel Tonnerre a vécu à Groix. Son père était mareyeur groisillon. Il commence à écrire sérieusement à 18 ans au lycée Kersa à Paimpol. puis à jouer avec un ami guitariste devant des marins qui fréquentaient les bars de Lorient. Il crée avec des amis le groupe Djiboudjep, avec ses chansons et reprises qui deviendront peu de temps après des classiques de la chanson de marin, telles Quinze marins ou Satanicles.

Après être rentré dans l’entreprise de son père, il monte une affaire d’import-export avec un gros client espagnol et effectue là-bas un mois et demi de prison pour évasion de devises, relaxé en appel par le fisc français. De retour d’Espagne en 1987, l’entreprise familiale ayant fait faillite, Michel Tonnerre décide d’embarquer à bord du cargo d’un ami qui faisait du cabotage, puis de multiples voyages : Nouvelle-Calédonie, l’île des Pins, la Tasmanie, les Philippines, le Vanuatu, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les îles Salomon, l’Australie, La Réunion.

En revenant à Lorient, il débute une carrière solo, entouré de musiciens de renom, avec un premier album Fumier d’baleine. En 1996, il écrit, réalise et joue l’opéra pirate Libertalia. Le spectacle n’a été joué que deux fois à Ploemeur devant 700 personnes.

En 2008, il sort C’est la mer…, son 6e album studio, dans lequel il conte le périple de son grand-père embarquant moussaillon à La Rochelle, mais aussi les vies tumultueuses des flibustiers comme L’Olonois, ou Barbe Noire ainsi que la beauté et la furie de la mer. Son dernier album, sorti en 2012, s’intitule Ar mor.

Le chanteur meurt d’un cancer le 3 juillet 2012, à l’âge de 63 ans.

Reagan Dougan

Paroles : Michel Tonnerre

Musique : Yannick Ar Bleiz

Naissance 30 juin 1949 Quimperlé

Décès 3 juillet 2012 Lorient

Genre musical : chants de marins

Michel Tonnerre a vécu à Groix. Son père était mareyeur groisillon. Il commence à écrire sérieusement à 18 ans au lycée Kersa à Paimpol. puis à jouer avec un ami guitariste devant des marins qui fréquentaient les bars de Lorient. Il crée avec des amis le groupe Djiboudjep, avec ses chansons et reprises qui deviendront peu de temps après des classiques de la chanson de marin, telles Quinze marins ou Satanicles.

Après être rentré dans l’entreprise de son père, il monte une affaire d’import-export avec un gros client espagnol et effectue là-bas un mois et demi de prison pour évasion de devises, relaxé en appel par le fisc français. De retour d’Espagne en 1987, l’entreprise familiale ayant fait faillite, Michel Tonnerre décide d’embarquer à bord du cargo d’un ami qui faisait du cabotage, puis de multiples voyages : Nouvelle-Calédonie, l’île des Pins, la Tasmanie, les Philippines, le Vanuatu, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les îles Salomon, l’Australie, La Réunion.

En revenant à Lorient, il débute une carrière solo, entouré de musiciens de renom, avec un premier album Fumier d’baleine. En 1996, il écrit, réalise et joue l’opéra pirate Libertalia. Le spectacle n’a été joué que deux fois à Ploemeur devant 700 personnes.

En 2008, il sort C’est la mer…, son 6e album studio, dans lequel il conte le périple de son grand-père embarquant moussaillon à La Rochelle, mais aussi les vies tumultueuses des flibustiers comme L’Olonois, ou Barbe Noire ainsi que la beauté et la furie de la mer. Son dernier album, sorti en 2012, s’intitule Ar mor.

Le chanteur meurt d’un cancer le 3 juillet 2012, à l’âge de 63 ans.

Ombres sur la rade de Brest

"Ombres sur la rade de Brest", en hommage à Arnaud Maisonneuve. Une femme guette tous les jours le retour de son mari parti en mer.

On la retrouvera en plein hiver serrant dans la main une photo du temps passé.

As-tu connu le père Winslow

"As-tu connu le père Winslow" est un chant traditionnel de guindeau.

Curieuse consonance anglaise dans cette chanson pourtant bien française! Mais si le père Winselow (avec un "e") est bien un anglais, il est capitaine du navire baleinier "Le Nantais" à partir de 1817.

En 1815, la restauration et la paix avec l’Angleterre autorise la reprise du commerce avec les îles lointaines.

Les armateurs nantais, pour la plupart négriers au siècle précédant, reprennent du service. L’un d’entre eux, Thomas Dobrée dont le père s’était enrichi dans la traite, avait beaucoup voyagé en Angleterre où l’on pratiquait avec succès la pêche à la baleine.

Estimant que le commerce de l’huile avait un grand avenir, il décide d’armer un navire. Mais il n’y a plus de marins baleiniers en France depuis bien longtemps, et il fait venir un équipage anglais commandé par un certain Joseph Winseloo. En 1817, le trois-mâts "Le Nantais" appareille et revient triomphalement quatorze mois plus tard avec le produit de 27 baleines! Fort de ce succès, Dobrée fait construire d’autres bateaux, et les équipages, formés par le fameux père Winslow, deviennent français.

La chanson du père Winslow (quelques fois francisée en "Lancelot"), ainsi que sa variante "Hardi les gars, vire au guindeau", perpétue le souvenir de ce capitaine qui ne devait pas manquer de caractère. A tel point que le dernier navire baleinier français, désarmé en 1867, portait justement le nom de "Winsloo".

Rollin’ Down to Old Maui

Shanty (complainte) anglais

Chant de baleinier appris par Stan Hugill auprès du matelot Paddy Griffith lors d’un embarquement en 1924.