« La fin du jour » appartient à la famille des canons vespéraux du patrimoine vocal francophone. Sa structure à trois voix décalées (A, B, C) permet de tisser une harmonie riche sans nécessiter de formation musicale poussée, ce qui explique son ancrage durable dans les rassemblements scouts, les colonies de vacances et les chorales scolaires. Ces ensembles ont fait du canon de fin de journée un rituel vocal : marquer collectivement le passage entre l’activité du jour et le repos de la nuit.
Le texte — « Encore un beau jour qui fuit sans retour, dormez bien jusqu’au matin » — s’inscrit dans une tradition poétique vespérale héritée à la fois des complies monastiques et des berceuses populaires. La répétition en canon crée un effet d’écho progressif qui renforce le recueillement propre aux veillées : chaque voix porte le même message de congé nocturne, décalé dans le temps, jusqu’à ce que toutes se rejoignent sur « dormez bien ».
Comme la plupart des canons de ce répertoire collectif, « La fin du jour » se transmet principalement par voie orale et manuscrite : copié dans des carnets de chant, passé de chef de troupe en chef de troupe ou de choriste en choriste, il appartient à ce fonds commun du patrimoine vocal où la paternité individuelle s’efface au profit de l’usage collectif. L’absence de nom d’auteur attesté est caractéristique de ce mode de diffusion informel, qui a permis à ces petits canons vespéraux de traverser les générations sans jamais appartenir à personne en particulier.