La notation en entrées décalées (a, b, c) inscrit ce chant sans ambiguïté dans la tradition du canon polyphonique, forme musicale présente dans le répertoire vocal français depuis la Renaissance. Les canons à trois voix offraient une pratique collective accessible sans formation musicale avancée, ce qui en fit des pièces prisées des répertoires scolaires, paroissiaux et choraux.
Le personnage de Guillaume, qui s’en va sans argent et suscite la compassion ironique du chœur — « Hélas, hélas ! Que deviendras-tu ? » — s’inscrit dans une longue tradition de la chanson populaire française : le héros y est souvent un homme du commun, naïf ou malchanceux, tour à tour moqué et plaint. Ce type de figure traverse les siècles dans le répertoire traditionnel.
Les canons de ce type ont été largement collectés et diffusés aux XIXe et XXe siècles dans les recueils destinés aux écoles et aux patronages, avant d’être repris dans les carnets de chants scouts et les cahiers des chorales amateurs. Leur simplicité mélodique et leur caractère ludique — les voix qui se superposent créant une tension comique ou attendrissante — en ont durablement assuré la transmission.