Le texte latin Ego sum pauper, nihil habeo ; cor meum dabo puise son inspiration dans la spiritualité de l’offrande : face à la pauvreté matérielle, le chantre promet le don de son cœur, motif que l’on retrouve dans plusieurs psaumes et dans l’épisode évangélique de l’obole de la veuve. Cette formule brève et mémorisable s’est naturellement prêtée à la forme du canon, permettant à plusieurs voix d’entrer successivement et de former une polyphonie simple à trois parties, comme l’indique la structure même des paroles.
La mélodie est parfois attribuée au compositeur baroque anglais Henry Purcell (1659–1695), qui a signé plusieurs catches et canons vocaux dans ce genre ; d’autres sources la répertorient comme anonyme ou traditionnelle. Quelle que soit son origine exacte, la pièce a circulé en Europe dès les XVIIe–XVIIIe siècles, portée par les répertoires des maîtrises et des collèges religieux.
En France, « Ego sum pauper » s’est durablement installé dans les livrets scouts au cours du XXe siècle, notamment dans les publications des Scouts de France et des mouvements d’Action catholique. Sa brièveté et sa structure canonique en font un exercice idéal pour initier les jeunes chanteurs à la polyphonie, tandis que le texte latin conserve une solennité adaptée aux liturgies et aux cérémonies de promesse scoute.
Aujourd’hui encore, le chant figure dans de nombreux recueils de chants scouts et religieux francophones. Il continue d’être transmis lors des rassemblements, camps d’été et célébrations eucharistiques, témoignant de la vitalité du répertoire latin dans la tradition chorale de jeunesse en France.