"Chasses d’autrefois" appartient au répertoire des chansons populaires françaises célébrant la tradition de la chasse à courre, pratique héritée de l’Ancien Régime et longtemps associée à la noblesse et aux grandes propriétés forestières. Composée par un auteur demeuré anonyme, elle adopte un regard nostalgique sur un monde révolu, fait de grandes chasses en forêt et de fêtes somptueuses dans les châteaux de France.
Les paroles témoignent d’une connaissance précise du rituel de la vénerie française. On y rencontre les piqueurs — cavaliers chargés de guider la meute —, le dix-cors, cerf au bois remarquable constituant un gibier de prestige, et l’hallali, signal sonore des trompes annonçant la mise à mort de l’animal. Ces éléments renvoient à une tradition codifiée que la chasse à courre a perpétuée de la cour royale jusqu’aux sociétés de vénerie contemporaines.
Au-delà de la chasse elle-même, le chant dépeint toute une société : la princesse au bras de son amant sous les ombrages, les cuisinières et servantes en habits de fête, les cochers rentrant les chevaux aux écuries, les lustres du salon et les valses de Vienne jouées aux violons. L’évocation de la remise de la jarretière aux mariés en fait une chanson de société autant qu’un chant de chasse, témoignant de la vie festive des grandes maisons.
Le titre même, "d’autrefois", et le vers "Tout au fond des grands bois de notre belle France" placent délibérément le chant dans un registre commémoratif. Il célèbre des joies "enterrées à jamais", des émotions appartenant à un passé idéalisé. Ce type de chanson nostalgique sur la vénerie et l’art de vivre à la française s’inscrit dans un courant qui a alimenté les recueils de chants populaires et de plein air du XIXe et du début du XXe siècle.