Paroles de

Esaüe

Paroles de

Esaüe

Écouter sur :

(Refrain) Esaüe, Esaüe, Esaüe, Esaüe,
C’est le roi des barbus
C’est le roi des poilus
C’est le roi des velus, Esaüe,

1 – A l’époque tertiaire il y avait un barbu Esaüe,
Sa barbe traînait par terre, son corps était velu Esaüe,
Chez lui pas besoin de culotte
De chemise ni de redingote, Esaüe,

2 – On crut à sa naissance
Qu’il ne vivrait pas longtemps, Esaüe,
Contre toute espérance
Il vécut six cents ans Esaüe,
Il eut des garçons et des filles
Tous poilus comme des gorilles Esaüe,

3 – Quand il partait en guerre
Contre les autres barbus Esaüe,
Il les flanquait par terre
Et leur tapait dessus Esaüe,
Les prenait par le fond de la culotte
Tout joyeux rentrait dans sa grotte

4 – Hélas à notre époque
Il n’y a plus de barbus Esaüe,
Les hommes sont imberbes
Et les femmes encore plus, Esaüe,
C’est l’âge du rasoir mécanique, nique, nique
Et même électrique Esaüe.

À propos

Esaüe est une chanson humoristique française inspirée du personnage biblique Ésaü (Genèse 25), célèbre pour sa pilosité proverbiale. Sur un refrain entraînant, elle dresse le portrait burlesque d’un ancêtre velu régnant sur les barbus, jusqu’à ce que le rasoir mécanique mette fin à leur règne. Un classique du répertoire festif et goguenard, encore présent dans les veillées scoutes.

Histoire

Le titre et le personnage central de cette chanson sont directement empruntés au récit de la Genèse : Ésaü, fils d’Isaac et frère jumeau de Jacob, est décrit dans la Bible hébraïque comme un homme « roux et tout couvert de poils » (Genèse 25, 25). Cette caractéristique physique, restée proverbiale dans la culture populaire française, a nourri de longue date plaisanteries et chansons à texte.

Le texte transpose librement ce personnage dans un registre burlesque typique du répertoire des chansons de patronage, de scoutisme et de chansons à boire qui fleurissent à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. L’humour repose sur une anachronie volontaire : Ésaü est projeté à « l’époque tertiaire », vit six cents ans, et engendre des enfants « poilus comme des gorilles », mêlant allégrement références bibliques, évolutionnisme de pacotille et grivoiserie légère.

Le terme « poilus » — surnom emblématique des soldats français de la Première Guerre mondiale — ancre vraisemblablement la popularité de la chanson dans les années 1914-1918 ou l’immédiat après-guerre, période où le répertoire festif circulait abondamment dans les cantonnements, les patronages et les mouvements de jeunesse.

La chute du dernier couplet, opposant le monde hirsute d’antan au triomphe du « rasoir mécanique » et même « électrique », précise la chronologie : le rasoir de sûreté Gillette se répand en France après 1910, le rasoir électrique fait son apparition dans les années 1930. Ce contraste entre passé velu et présent glabre constitue le ressort comique central de la chanson, encore chantée de nos jours dans les veillées scoutes et les chorales populaires.

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