Le mot pilou désigne à l’origine une cérémonie rituelle pratiquée par les Kanaks de Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique Sud. Ces rassemblements collectifs mêlaient chants, danses et célébrations guerrières, et jouaient un rôle central dans la cohésion des communautés mélanésiennes.
C’est sur cette imagerie de guerriers indomptables que les supporters du Rugby Club Toulonnais — fondé en 1908 — ont bâti leur chant de stade. En s’appropriant la figure du guerrier kanak descendant de la montagne vers la mer, les tribunes du stade Félix-Mayol ont forgé une identité sonore puissante, fidèle à l’esprit combatif du club varois.
La structure du chant alterne couplets narratifs — évoquant femmes et enfants sous les cocotiers — et refrains scandés autour d’un cri de guerre collectif, avant de conclure sur l’invocation des couleurs du club : rouge et noir. Cette mécanique participative en fait un outil de communion entre supporters et joueurs, typique des grandes enceintes du rugby du Sud.
Aujourd’hui, le Pilou-Pilou accompagne chaque rencontre à domicile du RCT et a résonné avec une intensité particulière lors des trois titres européens consécutifs du club en Coupe d’Europe (2013, 2014, 2015). Il incarne la ferveur singulière du stade Félix-Mayol et reste l’un des chants de supporters les plus caractéristiques du rugby français.