L’expression « entre les deux, mon cœur balance » trouve son origine dans le théâtre de Molière : elle figure dans Le Bourgeois gentilhomme (1670), comédie-ballet créée à Chambord devant Louis XIV. Devenue rapidement proverbiale, elle s’est imposée dans la langue courante pour désigner l’hésitation entre deux choix ou deux personnes, avant d’être reprise comme refrain d’une chanson populaire.
De la scène théâtrale, l’expression a migré vers les cours de récréation et les jeux de plein air. La chanson appartient au genre des jeux chantés : le texte met en scène un meneur qui doit choisir entre deux partenaires, avec une récompense pour l’un et une sanction pour l’autre — les « trois coups de bâton » étant un topos classique des comptines et jeux enfantins français.
Transmise principalement par voie orale, cette chanson figure dans plusieurs recueils de chansons populaires et de répertoires scolaires du XIXe et du XXe siècle. Sa forme simple et répétitive — propice à la mémorisation et à la participation collective — en a fait un support apprécié dans les écoles et les mouvements de jeunesse.
Aujourd’hui encore, « Entre les deux, mon cœur balance » reste une pièce reconnue du patrimoine vocal français, chantée dans les classes maternelles et les cercles de tradition populaire. Son refrain, entré dans la langue sous forme d’expression idiomatique, continue d’illustrer avec humour l’indécision amoureuse ou facétieuse.