« Va p’tit bonnet, grand bonnet » appartient au vaste répertoire des rondes enfantines de la tradition orale française. Sans auteur identifié, cette chanson de jeu a été transmise de génération en génération ; des pièces de même facture figurent dans les recueils de chansons populaires rassemblés au XIXe siècle, époque où des folkloristes comme Champfleury ou Jean-Baptiste Weckerlin entreprirent de collecter systématiquement le patrimoine chansonnier des provinces françaises.
La structure repose sur un procédé cumulatif caractéristique du folklore enfantin : chaque couplet ajoute un élément à la narration — la maison à trois pignons, les charpentiers, le jupon garni d’un pâté de pigeons — avant que la chute comique (la maison qui s’effondre) ne boucle le récit sur lui-même. Ce schéma circulaire, où la construction appelle sa propre ruine, se retrouve dans de nombreuses comptines et rondes françaises.
Le refrain « va, va, va, p’tit bonnet tout rond » suggère un jeu de cercle où un petit bonnet est passé ou fait tournoyer de main en main, rythmant les reprises. Ce type de jeu de coiffure circulaire est typique des pratiques récréatives des cours d’école et des veillées rurales françaises des XIXe et début du XXe siècle.
Aujourd’hui, ce chant demeure présent dans le répertoire des écoles maternelles et des ateliers de chansons pour enfants, où il continue d’initier les plus jeunes à la tradition de la ronde française.