1 – Quand la nuit tombe,
une colombe,
vole sans bruit
Sous la ramée, calme,
embaumée,
le jour s’enfuit.
2 – Dans les bois, dans les bois,
Plein d’émois, plein d’émois,
Le cerf aux abois
Fut forcé, harassé
Si lassé, terrassé,
Bellement chassé
3 – Après une aussi jolie fête,
à partir il faut qu’on s’apprête,
Piqueux et valets, rappelez vos chiens
perdus dans la forêt
Au manoir dame chatelaine,
Nous remerciera de nos peines,
Piqueurs et veneurs,
en rentrant nous lui sonnerons les honneurs.
4 – La biche brame au bord de l’étang
Son amant est mort et pourtant elle attend
Un vieux dix-cors vient la consoler
“Tends les jarrets, gars aux prochains bien-aller”
5 – Ha vive la chasse roi des plaisirs
Car sans loisir il nous faut courir
Sans qu’on se lasse dans les forêts
par les champs les guérets(bis)
6 – Adieu, adieu belle forêt
Rentrons au château sans arrêt
L’heure du retour a sonné
Mais aussi celle du dîner
7 – Quittons-nous dans l’espoir
De bientôt nous revoir
Quittons-nous dans l’espoir
De bientôt nous revoir
8 – Plus d’hallali
Car c’est fini
Pour aujourd’hui
Rentrons tous au logis !
À propos
« Le grand retour de la chasse » appartient au répertoire de la vènerie française : on le chante (et on le “sonne”) à la trompe de chasse au moment du retour au manoir, quand les veneurs, piqueux et chiens rentrent après la journée en forêt. Ce chant est souvent classé parmi les fanfares chantées : un texte simple et imagé, posé sur une mélodie conçue pour porter loin en plein air et se mêler au timbre éclatant des trompes en ré. On l’attribue généralement au compositeur Paul Laugé ; les recueils spécialisés mentionnent son nom, tout en notant que la date précise de création reste incertaine.
Le texte convoque les paysages du soir, le cerf « aux abois », l’appel des chiens qu’on rappelle et la figure de la châtelaine qui remercie les hommes de chasse : tout un monde de codes, de gestes et de sonneries (Hallali, Bien-aller, Rappel…) qui rythment encore aujourd’hui les cérémonies et messes de Saint-Hubert. Des sociétés de trompes, ensembles et partothèques en proposent interprétations, partitions et paroles — signes d’une tradition toujours vivante entre patrimoine musical, sport cynégétique et convivialité rurale.
À noter : il ne faut pas confondre Le grand retour de la chasse (fanfare chantée attribuée à Laugé) et Le retour de la chasse (air plus ancien, souvent rattaché au marquis de Dampierre, XVIIIᵉ siècle). Ces deux pièces circulent dans les mêmes contextes mais n’ont ni la même mélodie ni la même origine.