Paroles de

La Duché de Normandie

Paroles de

La Duché de Normandie

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1. À la Duché de Normandie
Il y a si grand pillerie
Que l’on y peult avoir foyson.
Dieu doint qu’elle soit apaisie
Ou il fauldra que l’on s’enfuye
Et laisser chacun sa maison.
Quand à moy je n’y seray plus
Car il n’y a point d’aisement
Pour la doubte des court vestus
Qui nous viennent voir trop souvent.

2. Ilz viennent par grand ruderie
Demander ce que n’avons mye*
Et nous donnent mainct horion.
Encor fault-il que l’on leur die:
« Mes bons seigneurs, je vous en prie,
Prenez tout ce que nous avon. »
Je leur donnasse volluntiers
Se je pensoye avoir de quoy.
Maiz, sur ma foy, tous mes deniers
Et tout mon bien est hors de moy.

3. Je ne puys faire courtoysie
Car povreté me contrarie
Et me tient en subjection.
Je n’ay plus amy ne amye,
En France ne en Normandie,
Qui me donnast ung porion**.
Dieu vueille mectre bonne paix
Par toute la crestienté,
Mais que ce soit à tout jamaiz
Si*** vivrons tous en loyauté.

4. Se crestienté fust unye,
Nous menassions joyeuse vye
Et mectrions tristesse em prison
Ceux par qui c’est****, Dieu lez mauldie,
Et aussi la Vierge Marie,
Sans avoir jamais guerison.

* « Demander ce que nous n’avons pas »

** « Qui me donnerait un poireau ».

*** Le « si » est probablement une emphase ici (« oh oui, nous vivrons tous en loyauté ») plutôt qu’une condition, car le si conditionnel est écrit « se ».

**** « Ceux par qui cette situation est arrivée ».

À propos

La Duché de Normandie est une chanson appartenant au Manuscrit de Bayeux (tout comme "Le Roy Engloys"), recueil de plus de cent chansons réunies au début du XVIe siècle par Charles III de Bourbon.


Dans le texte, on comprend aisément qu’il s’agit d’une complainte d’un paysan qui a tout perdu à cause des pillages en Normandie, et que cela est dû aux guerres avec les peuples voisins, pourtant eux aussi de culture chrétienne comme lui. Une forme similaire au subjonctif imparfait est utilisée pour le conditionnel (p.ex. "je lui donnasse" pour signifier "je lui donnerais").

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Danse de Marie-Madelon

Marie-Madelon était une célèbre cantinière, qui au gré de ses campagnes a reçu tant de blessures que son anatomie en a été complètement bouleversée. Elle n’en reste pas moins une compagne de danse extraordinaire…

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Sur l’eau sur la rivière

Mes Souliers Sont Rouges (parfois abrégé MSSR) est un groupe de musique, d’abord traditionnelle québécoise et française, s’étant ensuite orienté vers la variété française. Il est formé en 1991 et connait plusieurs coupures dans sa carrière.

Voilà 25 ans qu’ils subliment toute la musicalité, l’émotion et la vitalité des répertoires de leurs ancêtres québécois et cajuns, des cousins irlandais et aujourd’hui de leurs grands-parents normands. Premier groupe « trad » consacré au Printemps de Bourges en 1993, Mes Souliers Sont Rouges a donné plus d’un millier de concerts dans le monde (Angleterre, Allemagne, Luxembourg, Pays-Bas, Danemark, jusqu’aux U.S.A, Australie… mais aussi l’Olympia à Paris). Véritable phénomène populaire il détient le record d’entrées au Zénith de Caen en 2011 avec plus de 7000 fidèles rassemblés et celui des ventes en « indé » : avec plus 250 000 disques en 6 albums.

Un an après s’être relancé sur scène avec des nouvelles pointures et avec des nouveaux titres, le groupe folk le plus alternatif sort son 7e album au Printemps 2019 : « Ce qui nous lie » : un manifeste pour les musiques populaires de tradition orale dont il vient d’extraire des pépites nichées au cœur des campagnes normandes et un trésor enfoui au fin fond du Michigan ! Produit avec les participations récoltées en quelques semaines Mes Souliers Sont Rouges recueille une nouvelle fois les suffrages du public.

Source ici

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Nos anciens du Liban / Ceux du Liban

Ceux du Liban (ou Nos anciens du Liban) est un chant moderne, écrit à la fin des années 80, qui a su s’imposer dans le répertoire. Le sujet traité n’y est pas étranger, puisqu’il décrit le plus terrible attentat commis depuis la guerre d’Algérie : l’attentat du Drakkar. Envoyés au Liban pour une mission de paix, les paras des 1er et 9e RCP cantonnent au Drakkar, un bâtiment de béton. Le 23 octobre 1983, une explosion déchire l’air. Le Drakkar s’est effondré sur lui-même.

Des décombres, les corps de 58 soldats français sont retirés sans vie.

Un autre chant fait référence au Liban : Occident, en avant !

Variante : c. 2, l. 5 : « Partout des orages d’acier » et dans le refrain : « Comme eux nous voulons bien mourir».

Le poste Drakkar

La force française est composée de cadres aguerris et d’appelés volontaires du 1er régiment de chasseurs parachutistes. Ils ont installé un de leurs cantonnements dans l’immeuble Drakkar de huit étages situé dans le quartier de Ramlet El Baida, qu’ils ont baptisé « poste Drakkar » aux coordonnées géographiques suivantes 33° 52′ 10″ N 35° 29′ 17″ E (les différents postes français sont appelés Caravelle, Kayak, Sampan, Boutre, Gondole, etc.).

Déroulement des attentats

À environ 6 h 18 UTC+2, un attentat au camion piégé touche le contingent américain du 1er bataillon du 8e régiments des Marines rattaché à 24e Marine Amphibious Unit (MAU) basé à l’aéroport international de Beyrouth et cause la mort de 241 personnes. Environ deux minutes plus tard, cinquante-huit parachutistes français, de la force multinationale soit 55 parachutistes de la 3e compagnie du 1er RCP et 3 parachutistes du 9e RCP, trouvent la mort dans un attentat similaire : l”attentat du Drakkar entraîne la destruction de l’immeuble qu’ils occupent comme quartier général (surnommé « poste Drakkar », anciennement occupé par les services secrets syriens). Quinze autres sont blessés. Vingt-six militaires sont indemnes. L’explosion d’une charge de plusieurs tonnes d’explosif en serait la cause directe.

Si le déroulement de l’attentat contre le bâtiment des marines américains est bien établi, la reconstitution, du côté français, demeure vague.

L’attaque aurait été réalisée à l’aide d’un camion chargé de plusieurs tonnes d’explosifs dont le conducteur se serait fait exploser sur la rampe d’accès du bâtiment; le camion se serait soulevé dans les airs avant de retomber à sept mètres de distance. À l’inverse, d’autres informations et témoignages laissent entendre que la destruction du poste Drakkar ne serait pas due à l’explosion d’un camion piégé. Selon ces témoignages, l’immeuble aurait pu être miné ; une hypothèse a priori infirmée par l’enquête.

Les réactions

Le casernement des marines à Beyrouth avant sa destruction.

La France et les États-Unis accusent le Hezbollah et l’Iran. Ces derniers démentent.

Le président François Mitterrand se rend sur place le lendemain pour apporter son soutien au contingent français.

En représailles, le Service Action de la DGSE, dirigé par le colonel Jean-Claude Lorblanchés, organise une opération « homo », dans la nuit du 6 au 7 novembre 1983, à l’aide d’une Jeep bourrée de 100 kg d’explosifs devant exploser devant un centre culturel annexe de l’ambassade d’Iran de Beyrouth. L’opération fait “long feu” car un ordre en haut lieu avait été donné à un membre du SA de désamorcer la charge pour que cette action soit un message d’avertissement sans faire de victime. La seconde riposte est l’opération Brochet le 17 novembre 1983 : huit Super-Étendard de la Marine nationale décollant du porte-avions Clemenceau effectuent un raid sur la caserne Cheikh Abdallah, une position des Gardiens de la Révolution islamique et du Hezbollah dans la plaine de la Bekaa, mais ils larguent leurs bombes sur une caserne vide qui avait été évacuée par ses occupants prévenus du raid par une fuite d’un diplomate français proche du ministre des Affaires étrangères Claude Cheysson, opposé à toute riposte militaire.

Imad Moughniyah, considéré comme le responsable des attaques, fut tué dans un attentat à la bombe le 12 février 2008 même si le lien entre ces événements n’a pas été établi.

Aujourd’hui encore, le souvenir de cet attentat demeure vivace et constitue un traumatisme pour l’armée française : de telles pertes subies lors d’une seule attaque n’ont pas été atteintes depuis et l’attentat du Drakkar sert souvent de référence, comme cela a été le cas avec l’embuscade de Surobi de 2008 (l’attaque la plus meurtrière depuis 1983).

Responsables des attentats

L’attentat du Drakkar aurait été un acte de représailles de l’Iran au prêt à l’Irak par la France d’avions de combat Super-Étendard équipés de missiles Exocet et accompagnés de pilotes instructeurs français. À l’origine secrète, cette action aurait été rendue publique par une indiscrétion gouvernementale, ce qui aurait conduit l’Iran à se considérer en guerre avec la France. Selon le général François Cann, qui commandait la Force multinationale de sécurité à Beyrouth (FMSB) à l’époque, une autre raison aurait été l’interruption unilatérale par la France du contrat Eurodif signé avec le Shah d’Iran et gelé au moment de l’arrivée au pouvoir de l’Ayatollah Khomeiny.

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