Paroles de

Noël Bourguignon

Paroles de

Noël Bourguignon

Écouter sur :

1 – Lavou qu’tu cours donc si vite,
Pierrot sans chapeau ?
Courre, courre itou Nanette,
Quitte ton troupeau ;
Quitte ton troupeau, Nanette,
Quitte ton troupeau.

2 – Laisse ici dormir tes ouailles
Au milieu des prés
Et viens voir une merveille,
Que j’te vas conter ; (bis)

3 – Le sauveur que Dieu nous baille
Est né cette nuit.
Il est né dedans la paille,
Dans un vieux lambeau. (bis)

4 – Il y avait une troup’d’anges
Qui volaient dans l’temps ;
Ils entonnaient des louanges
Et des jolis chants. (bis)

5 – Pierrot avait un p’tit lièvre
Qu’il avait nourri
Jacquot une mère chèvre,
Toinot un cabri (bis)

6 – Jean un fromage à la crème
Qui n’était pas cré ;
Les autres en ont fait de même
Et moi à peu près (bis)

(Pour finir) Quitte ton troupeau, Nanette, quitte ton troupeau
Noël, Noël, Noël, Noël !

À propos

« Noël Bourguignon » est un noël pastoral traditionnel de la province de Bourgogne, dont les personnages rustiques — Pierrot, Nanette, Jacquot — apportent à l’Enfant Jésus des présents champêtres : un lièvre, une chèvre, un fromage à la crème. Ce chant en français populaire hérite de la riche tradition des noëls bourguignons des XVIIe et XVIIIe siècles, époque où la dévotion paysanne s’exprimait par des images familières du terroir.

Histoire

La tradition des noëls bourguignons s’épanouit aux XVIIe et XVIIIe siècles dans les paroisses rurales de Bourgogne. Son représentant le plus célèbre est Bernard de La Monnoye (1641–1728), poète de Beaune et membre de l’Académie française, dont les Noëls Bourguignons en patois local, publiés dès 1700, donnèrent ses lettres de noblesse au genre. Ce « Noël Bourguignon » appartient à la même constellation festive, mais en français populaire : un chant anonyme destiné à être chanté en communauté, dans les veillées et les offices de la Nativité.

Le texte met en scène des figures archétypales du terroir — Pierrot, Nanette, Jacquot, Toinot, Jean — qui abandonnent leur troupeau pour rejoindre la crèche. Chacun apporte ce qu’il possède : un lièvre, une chèvre mère, un cabri, un fromage à la crème. Cette structure de présents champêtres est caractéristique des noëls pastoraux français du XVIIe siècle, dans lesquels la dévotion populaire s’exprime sans faste, avec les seules richesses de la campagne.

Plusieurs marques linguistiques trahissent l’ancienneté du texte : le verbe bailler (donner), courant dans le français des XVIe–XVIIe siècles et conservé dans les parlers régionaux, ainsi que le mot ouailles (brebis, troupeau), encore en usage liturgique. Ces archaïsmes témoignent d’une transmission orale longue, au fil de laquelle le chant a pu être adapté sans perdre son fond dévotionnel.

Transmis sans auteur identifié, ce noël relève du répertoire anonyme commun à de nombreuses paroisses rurales de Bourgogne et de la France centrale. Il reste aujourd’hui chanté dans les chorales paroissiales, les écoles et les mouvements de jeunesse, où son refrain « Quitte ton troupeau, Nanette » demeure immédiatement reconnaissable.

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