Roi des chasseurs, roi des chasseurs,
J’enfonce tous mes prédécesseurs,
Roi des chasseurs, roi des chasseurs,
J’enfoncerai jusqu’aux successeurs
Je vise si juste qu’en l’air,
Je tire à balle et comme l’éclair.
Une autre balle tirée à l’instant,
Pousse la première au firmament.
Mon couteau de chasse, très grand,
De daims, de biches, éventra tant,
Qu’usé, chétif au point le plus chétif,
Ma foi, j’en ai fait faire un canif.
J’eus un fusil qui repoussait,
Si fort qu’un jour, il me renversait,
Sur un lapin, cent pas derrière moi,
Et que du coup, j’aplatis ma foi.
J’eus le plus grand des lévriers,
Mais à courir, il s’usa les pieds,
Tant et si bien que, depuis, j’en ai fait,
Un superbe et très beau basset.
Comme lui, l’on rapportait peu,
Je lui montrai un tison en feu,
Levant la patte, bientôt le mâtin,
Me rapporta le tison éteint.
Ce chien, un jour, je le perdis,
Tenant en arrêt une perdrix.
Un an après, je les retrouve enfin,
Face à face encore, mais morts de faim.
Si le gibier que j’abattis,
Aux vallons des Alpes était mis,
Comblés par lui, de plain-pied on viendrait,
De Piémont en France, d’un seul trait.











