1/
Il n’est ni beau ni grand mon verre,
Pourtant j’y tiens.
Il servit depuis mon grand-père,
A tous les miens.
C’est un souvenir de famille,
Bien caressé,
J’y vois quand le vin y pétille,
Tout mon passé !
R/
Le cristal le plus pur, Le plus brillant Bohème,
Ne valent pas mon verre où burent mes amours,
Seul à boire, aujourd’hui, je le remplis quand même,
En le vidant j’y vois refleurir mes beaux jours !
2/
Jusqu’à trois ans, on m’y fit boire
Du petit lait.
J’y buvais même, il faut me croire,
Ce qu’on voulait.
Puis quand poussèrent mes oreilles,
Avec mes dents,
C’est du lait qui
nous vient des treilles
Qu’on mit dedans.
3/
A l’âge où l’amour plein d’ivresse
Descend des cieux,
J’y buvais avec ma maîtresse,
Du vin mousseux.
J’aimais à voir mon adorée
Avec ardeur,
Y tremper sa lèvre altérée
Par le bonheur.
4/
L’amour, le plaisir, la jeunesse,
Lorsque je bois,
Devant mes yeux brillent sans cesse,
Comme autrefois.
Puis trinquant avec l’espérance,
Et la gaîté,
Je chante l’avenir de la France,
La Liberté !











