Feuille n° 2707 Paroles, partition, histoire et enregistrements
Chanson de Chantier des Tailleurs de pierre
Recueillie par Abel Boyer, Périgord-Cœur-Loyal, Compagnon maréchal-ferrant du Devoir.Elle lui fut dictée par un vieil ouvrier tailleur de pierre, à Paris en 1908, à la Bourse du Travail.
Compagnonnage
Chanson de Chantier des Tailleurs de pierre
Depuis Paris jusqu’à Valence
J’ai fait cent lieues sans travailler
Une coterie m’a crié : « Je pense
Y’a de l’ouvrage à Montpellier. »
Tout en entrant dans cette ville
J’entends les Compagnons chanter
Et m’approchant d’une boutique
Le maître, moi, j’ai salué.
Auriez-vous maître, mon bon maître
Un peu d’ouvrage à me donner ?
J’ai dans mon sac une herminette
Qui demande à se dérouiller.
L’ouvrage ici ne manque guère
Pour celui qui sait travailler :
Nous avons des corniches à faire,
Des chapiteaux à retourner.
Avec la pierre qu’on me donne
J’ai donc taillé le chapiteau,
Le dé, le fût et la colonne
Qui va supporter le bandeau.
Le maître a dit à la bourgeoise :
« Nous avons là un bon ouvrier,
Et puisque notre fille est grande,
Il nous faudrait les marier. »
La fille prend sa quenouillette
Et près de moi s’en vient filer,
Tandis que de mon herminette
Je taille volume et larmier.
Écoutez-moi, tailleur de pierre,
Brave Compagnon étranger :
Mon père veut, aussi ma mère,
Vous donner ma fleur d’oranger.
Merci, merci de vos avances,
Ma belle enfant, vous le savez,
J’ai commencé mon Tour de France
Et je désire l’achever.
Version la plus répandue. Des variantes existent selon les régions et les époques.
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Recueillie par Abel Boyer, Périgord-Cœur-Loyal, Compagnon maréchal-ferrant du Devoir.
Elle lui fut dictée par un vieil ouvrier tailleur de pierre, à Paris en 1908, à la Bourse du Travail.