1 – Toulon, redevenu français,
N’étend plus ses regards sur une onde captive :
Son roc, purifié par nos justes succès,
Menace Albion fugitive.
Les feux qu’ont allumés des ennemis pervers,
Dirigés contre eux-mêmes ont foudroyé leurs têtes ;
Et leurs vaisseaux, tyrans des mers,
Sont poursuivis par les tempêtes.
2 – Il sera partout abattu
Le rival insolent d’un peuple magnanime :
Le Français au combat marche avec la vertu ;
L’Anglais y marche avec le crime.
Le pouvoir éternel qui siège au haut des cieux
Du peuple souverain protège le génie ;
Et les éléments furieux
S’arment contre la tyrannie.
3 – Anglais, vos serviles vaisseaux
Teints du sang qui coula sur les remparts de Gênes,
D’une cité française osant souiller les eaux
Venaient nous apporter des chaînes.
Les nôtres à Plymouth portant l’égalité
Consoleront la Manche à des brigands soumise
Et le jour de l’égalité
Luira sur la sombre Tamise.
4 – En vain vous prétendez encor
Appesantir sur l’onde un trident tyrannique
Rois, ministres, guerriers, vainqueurs avec de l’or ;
Triomphants par la foi punique,
L’univers se soulève ; il remet en nos mains
Le soin de recouvrer le public héritage ;
Et les bras des nouveaux Romains
Renverseront l’autre Carthage.
5 – Lève toi, reprends tes lauriers ;
Ceins d’olive et de fleurs ta tête enorgueillie,
Fille de l’Océan, dont les flots nourriciers
Baignent la France et l’Italie !
Sur ton sein généreux porte-nous les trésors
De l’onde adriatique et des mers de Byzance ;
Appelle et conduis dans nos ports
Les doux tributs de l’abondance !
6 – Et nous, peuple triomphateur,
Français ! Notre destin fera le sort du monde :
C’est un soleil nouveau, dont l’éclat bienfaiteur
Réjouit, anime et féconde.
Tout ressent, tout bénit ses regards pénétrants ;
Tout suit, en l’invoquant, cet astre tutélaire ;
Son feu, qui brûle les tyrans,
Nourrit les peuples qu’il éclaire !










