Paroles de

Pelot d’Hennebont

Paroles de

Pelot d’Hennebont

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1 – Ma chère maman, je vous écris
Que nous sommes entrés dans Paris
Que je sommes déjà caporal,
Et serons bientôt général.

2 – A la bataille je combattions
Les ennemis de la nation
Et tous ceux qui se présentions
A grands coups de sabr’ j’les émondions.

3 – Le roi Louis m’a z’appelé,
C’est « sans quartier » qu’il m’a nommé
Sire, « sans quartier » c’est point mon nom
J’lui dis j’m’appelle Pelot d’Henn’bont.

4 – Il a tiré z’un biau ruban
Et je n’sais quoi au bout d’argent
Il m’dit « bout’ ça sur ton habit
Et combat toujours l’ennemi ».

5 – Faut qu’ce soit quelqu’ chos’ de précieux
Pour que les aut’ m’appell’ monsieur
Et bout’ lou main à lou chapiau
Quand ils veulent conter au Pelot.

6 – Ma mère si j’meurs en combattant
J’vous enverrai ce biau ruban
Et vous l’bout’rez à vot’ fusiau
En souvenir du gars Pelot.

7 – Dit’s à mon père, à mon cousin,
A mes amis que je vais bien,
Qu’je suis leur humble serviteur,
Pelot qui vous embrass’ de cœur.

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À propos

« Pelot d’Hennebont » est l’un des chants bretons les plus emblématiques du répertoire traditionnel français. Sous ses airs de marche entraînante se cache une lettre : celle d’un jeune soldat breton qui écrit à sa mère, fier d’être entré dans Paris, déjà caporal — et bientôt général, croit-il. Le texte, originellement intitulé Pelot de Betton, daterait de la fin du XVIIIᵉ siècle. La mélodie que nous connaissons a été composée dans les années 1930 par Simone Morand, grande collectrice du patrimoine musical de Haute-Bretagne. Mais c’est Tri Yann qui, en 1974, fait entrer la chanson dans la légende : le groupe nantais relocalise le personnage à Hennebont, dans le Morbihan, et en fait un classique de la chanson populaire française. Naïveté touchante, ironie mordante, fierté du gars de chez nous : tout Pelot est là. Et c’est précisément ce mélange qui fait que ce chant traverse les siècles sans prendre une ride.

Histoire

Derrière la fanfaronnade de Pelot se cache une réalité plus sombre. Les paroles évoquent une époque où les promotions militaires pouvaient être fulgurantes — la carrière de Napoléon Bonaparte en est l’exemple le plus célèbre. Un paysan breton pouvait rêver de devenir « Monsieur », décoré par le roi, salué chapeau bas.
Mais comme le rappelle l’historien Thierry Bouzard, les ennemis de la nation étaient eux aussi de rudes guerriers. Cette lettre pleine d’aplomb, où Pelot embrasse sa mère « de cœur », est peut-être la dernière qu’elle reçut de son fils. Le gamin qui se voyait général n’est sans doute jamais rentré à Hennebont.
C’est toute la force des chants traditionnels bretons : sous la gaieté du refrain, la mémoire des hommes. Pelot d’Hennebont n’est pas une simple chanson de marche — c’est le testament joyeux d’un soldat qui ne savait pas qu’il écrivait ses adieux.

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