Saint Nicolas de Myre, évêque de Lycie au IVe siècle, fut vénéré dans toute l’Europe médiévale comme protecteur des enfants et des écoliers. La tradition hagiographique le représente ressuscitant trois jeunes écoliers mis en péril, fondant ainsi son patronage des plus jeunes. Son culte gagna la France à partir du XIe siècle, notamment grâce aux reliques déposées à la basilique de Saint-Nicolas-de-Port, en Lorraine, en 1087, qui devint l’un des grands lieux de pèlerinage du royaume.
La fête du 6 décembre prit une importance particulière en Lorraine, en Alsace et dans le Nord de la France, où la coutume voulait que saint Nicolas dépose des friandises — pommes, noix, pain d’épice, bonbons — dans les souliers des enfants sages. Cet usage, partagé avec les pays germaniques et néerlandais voisins, s’ancra durablement dans les foyers et les écoles françaises, distinct de la fête de Noël bien que souvent confondu avec elle au fil des siècles.
« Ô grand Saint-Nicolas » appartient au corpus des chants enfantins transmis oralement dans ce contexte festif. Sans auteur identifié, la chanson circule sous plusieurs variantes de paroles — « comme une petite image » ou « comme un petit mouton », « j’apprendrai mes leçons » ou « je dirai des prières » —, ce qui trahit une longue vie orale avant toute fixation écrite. Ce type de variation à l’intérieur d’un canevas stable est caractéristique du folklore enfantin francophone, où chaque région ou école adapte légèrement les couplets.
Aujourd’hui, le chant reste vivant dans les écoles maternelles et primaires, en particulier en Lorraine où la Saint-Nicolas donne encore lieu à des défilés et des distributions de friandises. Il constitue souvent le premier contact musical des enfants avec le calendrier des fêtes traditionnelles françaises.