Paroles de

Armand de la Rouërie

Paroles de

Armand de la Rouërie

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1 – L’Hermine s’est souillée jadis,
Sous un duc inconsolable
La fourberie et le vice
Sont devenus connétable
Une fois les traités signés,
Les promesses ont disparu
L’ennemi aime oublier
Que la France n’a pas vaincu

(Refrain x2) Armand de la Rouërie,
Ce soir ton nom résonne
Dans les campagnes bretonnes,
Au cœur de ton pays.

2 – Mais quand le lys est tombé,
Est venue la République,
Ce coup d’Etat déguisé,
N’est rien d’autre que tyrannique.
Le génocide est facile,
Pour l’uniformisation
Et le peuple bien docile
Quand on lui cache l’horizon.

3 – Armand ton armée se lève,
Dans les villes et dans les champs
Car notre sang n’est que sève
Et nos cœurs sont partisans
Les hululements redoublent
Et les grandes forêts s’animent
Entendez venir le trouble
Accompagné de notre hymne.

4 – Enfin l’oppresseur paie,
Lui qui parle de Liberté.
Voici venir le soleil
Qui découvre la vérité
Car l’histoire nous accompagne
C’est enfin notre vengeance
Nous relevons la Bretagne,
En chassant à jamais la France.

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À propos

Chant et paroles de Mael Granig, auteur et musicien de langue bretonne originaire du pays de Pourlet (Bro Pourleth). La composition, écrite à l’origine en breton (« Ton ha komzoù savet ha skrivet gant Mael Granig »), a été enregistrée par le groupe Dazont ; la version française reprise ici en est l’adaptation. Il s’agit d’une création contemporaine, et non d’un chant d’époque.

Histoire

Armand-Charles Tuffin, marquis de La Rouërie (Fougères, 1751 – château de La Guyomarais, Saint-Denoual, 1793).
Officier breton, il s’illustre d’abord dans la guerre d’indépendance américaine sous le nom de « Colonel Armand » : il y commande une légion de dragons, participe au siège de Yorktown (1781) et revient en France avec le grade de brigadier-général, la croix de Saint-Louis et l’amitié de George Washington.
De retour en Bretagne, il défend les prérogatives du parlement de Bretagne contre les édits royaux, ce qui lui vaut d’être enfermé à la Bastille en 1788. Hostile à l’absolutisme, il accueille d’abord favorablement la Révolution, avant de rallier la contre-révolution après la suppression des lois et coutumes particulières de la province. Il fonde alors l’Association bretonne, réseau royaliste destiné à lever une armée contre la République. Trahi, il meurt en 1793 avant l’aboutissement de son entreprise ; l’organisation qu’il avait constituée est généralement tenue pour l’un des précurseurs de la Chouannerie. Les circonstances exactes de sa mort font l’objet de débats : la plupart des sources retiennent la maladie, tandis qu’une tradition non établie évoque un empoisonnement.
Le texte de Mael Granig relit cette trajectoire dans un registre identitaire breton contemporain : il mobilise les symboles de la province (l’hermine, le rappel des traités d’union à la France) et inscrit La Rouërie dans une opposition entre la Bretagne et l’État. Cette lecture relève de l’interprétation propre au chant : historiquement, La Rouërie agissait au nom du roi et de la restauration des libertés provinciales sous la monarchie, et non d’un projet d’indépendance bretonne au sens moderne. L’allusion au « génocide » renvoie par ailleurs à une thèse historiographique discutée portant sur la répression révolutionnaire dans l’Ouest.

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